Year: 2012
Type: article
Abstract: L'esprit et les fétiches. Réflexions sur la situation grecque Stavros TombazosPersonne ne peut contester que la Grèce se trouve actuellement dans une situation de crise historique, ou, plus précisément, dans une situation de crise existentielle.Cela nous amène à poser de nouveau la question : qu'est-ce à juste titre qu'une « crise existentielle » ?Comment meurt un pays et comment renaît-il éventuellement sous une autre forme ?Le taux de natalité diminue fortement en Grèce (comme en Europe plus généralement), et le taux de suicide a augmenté de 40 % pendant ces années de crise économique.Certes, deux mille suicides, attribués à la misère et aux souffrances de la crise, sont un chiffre choquant.Un pays, cependant, ne meurt jamais par diminution progressive de sa population.Il ne suit pas le schéma de l'évolution darwinienne.Un pays capitaliste est en crise économique lorsque le capital n'arrive pas à se reproduire sur une échelle élargie.La crise est d'autant plus profonde que le PIB diminue et le capital se désinvestit pendant plusieurs années consécutives.De 2008 à 2012, le PIB grec a diminué de 18,6 % et la formation brute du capital fixe de 64,2 % .Les crises capitalistes, y compris les crises structurelles, ne sont pas des crises existentielles.Avec la dévaluation du capital et malgré les ruines sociales qu'elles provoquent, elles sont surmontables dans le cadre des rapports sociaux capitalistes.En d'autres termes, il n'y a pas d'infarctus soudain ou immédiat du capitalisme.
Source: Lignes
Author: Stavros Tombazos
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2154479672
