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Les « villes mortes » existent-elles ?

Year: 2016
Type: article
Abstract: Les « villes mortes » existent-elles ?Les « villes mortes » le sont-elles tout à fait ou ne le seraient-elles, au fond, que dans nos imaginaires, nos hantises ou nos désirs ?Les saccages récents dans l'antique Palmyre, qui fit rêver Hölderlin et Baudelaire, perpétrés par les terroristes de Daesh, délibérément choisie comme lieu médiatisable susceptible de fournir des images spectaculaires, ont mis en lumière que les ruines de cette vaste cité n'étaient jamais complètement désertes.Le peintre Louis-François Cassas l'avait montré dans ses aquarelles inspirées d'un voyage en Syrie à la fin du xviii e siècle.Paul Veyne l'a également rappelé dans un vif et vibrant plaidoyer 1 : les populations locales l'animent, la traversent et y évoluent, prennent part aux fouilles archéologiques, à l'entretien ou à l'exploitation touristique.Si les djihadistes ont voulu détruire une idée de la culture à l'attention de l'Occident -Palmyre a été classée au patrimoine mondial par l'Unesco en 1980 -, ils ont aussi cherché à terroriser des populations locales liées à ce site, dont l'histoire et la signification montrent qu'une ville antique est moins une ville morte qu'un espace et un symbole vivants.En tant que telles, les villes mortes ne relèvent-elles donc pas que du fantasme ?L'expression « ville morte », forgée dès le xviii e siècle par les premiers voyageurs, explorateurs ou archéologues, marque leur stupeur et leur fascination devant des citées oubliées ou inconnues qu'ils pensent découvrir en étant les premiers à les pénétrer depuis des siècles : on songe aux villes mortes de la Syrie du Nord, révélées notamment par l'archéologue français Melchior de Voguë en 1862.Mais la locution échoue à circonscrire un objet clairement identifiable.Une première tentative de définition consisterait à introduire, 1.
Language: French
Subfield: Archeology
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2461649202
FWCI: 1.86
Cites: 1
Cited by: 2
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