Year: 1998
Type: article
Abstract: Nos premiers échanges sur le thème du lien social ont eu lieu quelques semaines avant les grèves nationales qui survinrent à la suite de l'annonce du projet gouvernemental de restructuration ultra-libérale des services publics.Localement, à la Faculté des Sciences du Sport, les étudiants étaient en grève et protestaient contre les conditions d'accueil et de travail ; deux projets de politique de formation et d'administration s'affrontaient ; la situation était confuse ; le traditionnel clivage politique ne permettait en rien de distinguer les différents acteurs des deux camps. 2Le présent numéro n'a pas pour objet d'analyser les mouvements sociaux de cette période.Le dire c'est une manière de réactiver, si besoin était, une lecture critique dont l'objet serait, au moins, d'interpréter le travail d'euphémisation, de rationalisation, de dénégation propre au discours scientifique ou qui en emprunte l'allure.C'est aussi une manière de rappeler l'impensé sur lequel se constitue un champ, une institution, un laboratoire, un groupe.Quel sens accorder à cet avant-propos ?Moment d'élucidation ou retour du refoulé ?Au lecteur de juger.Le mouvement social de l'automne 1995 3 Une fois au pouvoir sur la base d'un programme-remède à « la fracture sociale », les hommes politiques, soutenus par le système médiatique, des experts en économie, certains intellectuels ralliés et enchantés par le discours sur la fracture, font de nouveau preuve de cynisme.Ils comptaient sur la léthargie du corps social, l'absence de mémoire, la démission des clercs pour continuer leur travail de domination.Aux uns incombaient le rappel des impératifs économiques, l'appel au sens des responsabilités, la culpabilisation des « privilégiés » de la fonction publique, la mise en place, par voie médiatique, d'une pédagogie de la soumission, aux autres, les topos lénifiants sur « la crise » ou « la perte du lien social », « la nouvelle pauvreté », « les exclus », etc., et les téléthons en tout genre qui donnent la fausse idée d'un communautarisme retrouvé, faisant oublier le temps d'une émission les souffrances endurées par des millions de précaires, de chômeurs, de « sans » quelque chose (abri, papiers, etc.).C'est le supplément d'âme ou d'idéologie de la pitié dont a besoin le libéralisme qui trouve en cette période le champ libre à sa politique de libre-échange 1 .
Source: Corps et culture
Author: Mahmoud Miliani
Institutions: Université de Montpellier, Université Montpellier 1
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W247491731
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