Year: 2017
Type: article
Abstract: L’objet de cet article est de montrer dans quelle mesure l’approche théorique des émotions peut parfois s’enchâsser au coeur même des processus qui conduisent des individus à coordonner leur action en vue de faire valoir une cause collective. Dans cette optique, l’analyse s’applique préalablement à relever ce qui distingue les différents registres émotionnels à travers lesquels des entrepreneurs de cause peuvent s’indigner d’un désordre moral. Le critère le plus décisif résulte de la distinction entre les réactions affectives immédiates et les évaluations intellectuelles. Ce sont effectivement à travers ces dernières que les spécialistes de la philosophie peuvent travailler à une moralisation des émotions qui constitue une forme spécifique d’engagement nécessitant, non seulement des compétences cognitives, mais encore des dispositions affectives appropriées notamment à l’égard des luttes argumentatives. Ainsi, l’activité philosophique peut être envisagée comme une forme, parmi d’autres, de formalisation des émotions très utile au développement des revendications collectives les plus aptes à être entendues par les institutions politiques. L’analyse proposée s’appuie sur les observations empiriques collectées au cours d’une enquête réalisée auprès des promoteurs de la protection animale qui, compte tenu des contrastes qui les distinguent, offrent un poste d’observation privilégié.
Source: Raisons politiques
DOI: 10.3917/rai.065.0015
Author: Christophe Traïni
Institution: Institut d'Etudes Politiques de Paris
Language: French
Topic: History of Emotions Research
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2593073344
