Year: 2009
Type: article
Abstract: Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info. Distribution électronique Cairn.info pour Le Seuil.Vous avez l'autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d'utilisation de Cairn.infoou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l'autorisation de l'Éditeur ou, le cas échéant, de l'organisme de gestion collective habilité à cet effet.Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l'organisme agréé en la matière. François Trémolières Au bord de l'imageAux marges de La Chambre claire I « Je vois les yeux qui ont vu l'empereur » : cette sorte d'incipit de ce qui se trouve être le dernier livre publié par Roland Barthes, consacré comme on sait à la photographie (et dont on rappellera d'emblée les derniers mots : « [ce] que j'appellerai pour finir l'extase photographique […] affronter en elle [i.e.la photographie] le réveil de l'intraitable réalité »), traduit un étonnement devant son objet, présenté comme ayant le singulier privilège de porter trace d'une réalité passée, c'està-dire de doter ce qui est mort d'une co-présence à ce qui est vivant.Livre devenu classique, pourtant improbable, désinvolte dans son usage de la théorie -et beaucoup critiqué depuis par plus sérieux que lui.André Rouillé, par exemple, reproche à Barthes une conception naïve, caricaturale, de la photographie, car cette dernière peut bien représenter ce qui n'est pas (ce qui n'a jamais été) -ainsi des chronophotographies de Marey, qui arrêtent ce qui n'existe que dans le mouvement.Cependant, la critique inverse, à savoir non pas qu'il manque son objet mais que ce qu'il en dit vaut aussi d'autres objets, pourrait avoir plus de portée.D'où me vient en effet, devant un portrait de l'empereur, la certitude que c'est bien lui qui est représenté ?Je ne peux le référer à aucune réalité : je ne connais pas l'empereur et je ne le connaîtrai jamais.une certaine science pourra me persuader que s'est composée en mon esprit, inconsciemment, une sorte d'image mentale, résultant de ce que tous les portraits que j'aurais vus de lui se ressemblent -mais cette ressemblance ne s'expliquera jamais, en dernière analyse, que par le fait que ces multiples œuvres désignent un seul référent, qui leur est commun.D'ailleurs j'ai spontanément cette Le Seuil
Source: Le Genre humain
DOI: 10.3917/lgh.048.0183
Author: François Trémolières
Institutions: Université Paris Nanterre, Paris-Sorbonne University
Language: French
Subfield: Visual Arts and Performing Arts
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2608319341
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