La voix des femmes amérindiennes : vers une redéfinition de l’indianité à l’Ouest
Year: 2016
Type: article
Abstract: Au début du XIXe siècle, le dynamisme tout particulier de la frontière du Vieux Sud-Ouest (Géorgie, Caroline du Sud et Tennessee) confère aux cinq nations dites « civilisées » (Choctaw, Chickasaw, Séminole, Creek et Cherokee) le statut d’agents actifs dans la construction de la jeune République, du fait de leur intégration exceptionnelle dans le tissu commercial et culturel de la région. Cela est dû notamment à une volonté autochtone d’entamer un processus d’adaptation aux standards civilisationnels américains, afin de garantir leur intégration dans la république et de maintenir leur souveraineté sur leurs territoires ancestraux. Aussi, parce qu’il allait dans le sens de la « civilisation », ce mouvement – d’une société dont les codes étaient traditionnels et fixes vers une entité hybride culturellement plus fluide – semblait-il conférer aux cinq nations civilisées une certaine légitimité dans la région. Leur déplacement forcé à l’ouest du Mississippi voté en 1830 sous la présidence d’Andrew Jackson indique cependant le contraire. Pourtant, la création du Territoire Indien, dans lequel les cinq nations sont contraintes de s’installer, semble donner à cette population en partie « américanisée » une occasion de s’imposer dans l’Ouest, en lui offrant une position géopolitique stratégique dans le paysage étatsunien du milieu du XIXe siècle. Cet article propose d’interroger la place des femmes amérindiennes dans ce processus de transition identitaire des nations avant et après le Déplacement (Removal).
Author: Augustin Habran
Language: French
Subfield: Anthropology
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
SDG: Gender equality
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2623344648
