Year: 2018
Type: article
Abstract: Au XIXe siècle, Rio de Janeiro fut la plus grande ville esclavagiste des Amériques, et probablement la plus grande ville noire du monde. Mis à jour en 2011, l’ancien débarcadère des esclaves du Valongo a fait depuis lors l’objet de politiques publiques de « mise en patrimoine » (à l’échelle locale, nationale, internationale) jusqu’au classement du site archéologique par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’humanité en 2017. Le quai, ainsi que le petit amphitéâtre et l’esplanade qui le bordent, servent aussi de support à diverses manifestations. Principales organisatrices d’un nouveau rituel annuel de lavage de ce quai, quelques baianas du candomblé carioca sont devenues des intermédiaires privilégiées des pouvoirs publics, des gestionnaires de la mémoire locale de l’esclavage, des gardiennes du patrimoine. Cet article décrit la naissance, la consolidation et l’institutionnalisation de cette cérémonie de lavage rituel. Il analyse les articulations développées entre « mise en rituel » et « mise en patrimoine », entre usages du passé et pratiques religieuses, entre mémoire communautaire afro-brésilienne et enjeux socio-politiques nationaux.
Source: Cahiers d études africaines
Author: Jérôme Souty
Language: French
Subfield: Archeology
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2801560877
