Year: 2018
Type: article
Abstract: Dans son Autobiographie (1951), Williams qualifie le langage du Nouveau Monde, qui est pourtant le sien, de « barbare » jouant ainsi sur l’acception première et l’étymologie du terme. Il remet en question le statut ontologique de l’étranger qu’il est et qu’il n’est pas. La quête d’une langue purement autochtone traverse l’œuvre du poète et passe d’abord par la reconquête poétique de l’histoire et des mythes qui composent le continent. Dans ses deux grands romans, The Great American Novel (1923) et In the American Grain (1925) le poète effectue un long pèlerinage vers la genèse des Amériques et ne cesse de lier le destin des États-Unis à celui de l’Amérique du Sud, celle de ses origines, de sa mère portoricaine. De plus, l’excursion mène aussi à un métissage linguistique : l’emploi de termes espagnols, s’il peut parfois sembler arbitraire, vient encourager une lecture active du poème. Cet encodage sémantique semble en apparence contraire à la volonté de démocratisation de la poésie qui tenait à cœur au poète. Pourtant, nous tenterons de montrer comment Carlos relance souvent le jeu de la quête herméneutique en questionnant Bill, l’Américain intégré. Ce sont ces deux identités, Bill, dont la patrie est son New Jersey natal et Carlos, dont la matrie reste à Porto Rico, que le poète tente poétiquement de réconcilier.
Source: IdeAs
DOI: 10.4000/ideas.2333
Author: Anna Aublet
Institution: Université Paris Nanterre
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W2808738466
