Year: 1967
Type: article
Abstract: Sujet bien intéressant à traiter, car jusqu'à ce jour beau coup de ceux qui en parlent se contentent de quelques observations superficielles agrémentées d'une bonne dose d'imagination aux rapports très vagues avec la réalité.Bien des fois, j'ai entendu raconter que Marie-Galante, l'île aux cent moulins, était jadis très prospère, elle ravitail lait, affirme-t-on, la Guadeloupe et même la Martinique ; la rade de Grand-Bourg et la baie de Saint-Louis étaient presque encombrées de nombreuses barges et grands voiliers attirés par la prospérité de tous ces moulins.J'ai cru un temps à ce beau tableau, mais les documents m'ont révélé une vérité toute différente.Un jugement aussi superficiel est bien loin de la réalité : dans sa brutale simplification il néglige les fluctuations de l'économie marie galantaise au cours des trois siècles de son histoire, histoire agitée s'il en fut! Il faudrait certes une étude détaillée des habitations, de leur vie, de toute la trame des événements pour replacer nos moulins dans leur cadre.Une telle étude déborde largement les limites de cet article1, nous nous contenterons du strict nécessaire2.Du x° ou xie siècle à la fin du xvii® les Caraïbes cultivèrent de nombreux jardins à Marie-Galante : à partir du xvT siè cle, ils plantaient à l'occasion quelques pieds de canne pour en mâchonner les bâtons.Leur connaissance des avantages de cette plante se bornait là.Quand les Français vinrent s'établir dans notre île à proxi 1. En préparation un livre sur Marie-Galante historique et touristique.2. Il serait intéressant de faire une étude sur les familles propriétaires de ces habitations, on y retrouverait bien des noms connus : Ballet, Bonnet, Bottereau, Roussel, Bonneterre, Boulogne, de Champigny, Galigny de Bonneval, Hamot, Lacavé, Larrouy, de Retz, de Saint-Michel, Vangout, Wächter, etc., etc.mité de Vieux-Fort, le 8 novembre 1648, ils étaient une cinquantaine.Ils défrichèrent les taillis de campêche et autres arbustes pour planter des cultures vivrières et un peu de tabac ; il n'était pas question de canne à sucre pour une raison bien simple: on ne la cultivait pratiquement pas encore en Guadeloupe.Un seul atelier, celui des frères Trézel, y fabriquait un produit sucré de qualité très infé rieure, la moscouade.Cinq ans après il restait à peine une vingtaine de Marie-Galantais : quelques pionniers étaient anorts.Le Capitaine Lefort, commandant de l'île et la moitié des survivants trouvant la vie trop pénible et le travail trop peu productif étaient partis chercher fortune en Martinique.Cette période d'implantation fut très courte : début novem bre 1653 ceux qui ne s'étaient pas découragés furent tous massacrés par les Caraïbes en représailles de viols commis en Dominique par les marins d'une barge martiniquaise.Malgré ce désastre, la mise en valeur de Marie-Galante fut reprise ; les nouveaux colons, moins d'une centaine, s'ins tallèrent sur de meilleures terres au quartier appelé la Savane, à l'abri d'un modeste fortin à l'entrée d'un bon mouillage ; c'est maintenant l'habitation « Grande Savane » elle s'éten dait alors jusqu'à l'endroit occupé par l'hôpital actuel de Grand-Bourg.Pendant ce temps 900 Hollandais, réfugiés de Récife, au Brésil, s'étaient établis en Guadeloupe ; spécialistes de la fabrication et du raflinage du sucre, ils donnèrent l'impulsion décisive à cette industrie : ils construisirent des ateliers et des moulins.Peu d'années après, les trois ou quatre colons les plus aisés de Marie-Galante ne se contentèrent plus de planter des vivres et du tabac, ils commencèrent à cultiver des cannes et à monter leur moulin.Nous ne pouvons dater exactement le premier d'entre eux, mais nous savons qu'en 1664, il y en avait quatre dans l'île.Le cinquième, celui de Daniel Thauvet s'établit en 1665.Cette année-là commence une nouvelle période pour la vie de l'île ; Monsieur de Boisseret de Téméricourt reçut (commission de gouverneur pour y commander.Jeune hom me de vingt-et-un ans, actif et plein d'initiative, grâce à un temps de paix relatif, il put donner à l'île, au cours des dix années suivantes un essor décisif.A son arrivée, les habitations sucrières étaient très modestes : pour l'ensemble des travaux, y compris les cultures vivrières qui restaient
DOI: 10.7202/1046340ar
Author: Maurice Barbotin
Language: French
Subfield: Cultural Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2811471611
