Year: 2018
Type: article
Abstract: Cet article analyse les tensions entre la politique nationale d’intégration des immigrés (juifs) en Israël, et l’interprétation locale de cette politique dans le cadre municipal. Si les autorités locales reproduisent des logiques d’État, l’analyse des politiques d’immigration et d’intégration de trois villes moyennes israéliennes entre 2013 et 2016 nous amène à constater deux ruptures par rapport à la politique nationale. La première est l’adoption d’une orientation multiculturelle, où les immigrés jouissent d’une plus grande liberté pour maintenir leurs pratiques socioculturelles. Résultat de tendances plus globales, de réformes de l’État israélien entamées dans les années 1980, de pressions politiques, et de la plus grande diversité démographique et culturelle du pays, cette nouvelle dimension de l’intégration rompt ainsi avec la dimension assimilationniste de la politique d’intégration israélienne telle qu’elle a été formulée lors des premières grandes vagues d’immigration. Les institutions locales sont donc plus ouvertes au multiculturalisme que l’idéologie nationale. La deuxième rupture est liée à l’injonction de développement économique qui pèse de plus en plus sur les autorités locales. Dans ce contexte, les acteurs de la ville mettent en place une politique locale afin de mieux contrôler les immigrés qu’ils accueillent. La municipalité s’émancipe en partie de l’obligation morale de l’accueil des immigrés juifs, et met en avant une politique d’immigration choisie.
Source: Espaces et sociétés
DOI: 10.3917/esp.172.0093
Author: Amandine Desille
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2899534484
