Year: 2018
Type: article
Abstract: Le rapport au passé et l’invocation de l’histoire pour justifier l’élection d’objets au rang de patrimoine, font apparaître l’authenticité comme un fondement de la valeur patrimoniale. Mais la permanence exigée pour satisfaire la transmission montre que l’authenticité ramenée au seul passé ne satisfait pas la notion d’identité comme existence ininterrompue. Un vase cassé reste un vase et n’entame en rien son authenticité pas plus que son identité. Le changement qu’induit le nouvel état ne remet pas en cause son être de vase même s’il altère d’autres caractères comme la fonctionnalité (un archéologue se satisfait d’un sac de tessons mais une laitière sera plus sensible à la capacité de contenir un liquide). Par ailleurs, la pléthore patrimoniale épuise la référence au passé. Ce qui importe dorénavant c’est la sincérité de l’expérience que l’objet suscite ou la réussite des modalités qui le font exister. Il en va ainsi pour toute entreprise de restitution, reproduction ou reconstitution qui ouvre sur une autre possibilité d’exister pour les objets dans un rapport à l’authenticité ramené au présent. Dans tous les cas, la vérité de l’objet réside dans les conditions dans lesquelles il est montré ou exploité.
Source: Nouvelle revue d’esthétique
DOI: 10.3917/nre.021.0021
Author: Denis Guillemard
Language: French
Subfield: Archeology
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2900635191
