Year: 2016
Type: article
Abstract: III.2justifiant ainsi la répression, présentée comme un moyen de défense contre une « cinquième colonne » ennemie.Aux côtés des correspondances du front oriental, la majeure partie des journaux italiens, y compris des titres de renom, participa à la propagande de guerre antisémite.Depuis plusieurs années déjà, les correspondants de l'Est de l'Europe affichaient une position antijuive dans leurs écrits 9 .Les articles analysés dans le cadre de cette enquête sont intéressants dans la mesure où ils ont été écrits par des journalistes d'Italie, principal pays allié de l'Allemagne nazie.Soumis à la censure de guerre, certains parmi eux adhéraient pleinement à la politique antijuive orchestrée par les nazis.Ces articles illustraient le point de vue des oppresseurs, jamais des victimes.Parfois malgré eux, ils transmettaient des informations sur la radicalisation de la politique antijuive mise en œuvre en Europe de l'Est, non pas seulement aux lecteurs italiens, mais aussi au public international, comme dans le cas de Curzio Malaparte et de Guido Puccio.Mais les journalistes italiens envoyés sur le front oriental ne jouèrent pas seulement un rôle de témoins explicites.Dans les premières phases de la Shoah, ils faisaient également parvenir des informations d'ordre confidentiel.Leurs récits, ajoutés aux sources militaires, diplomatiques et politiques, contribuèrent à informer la haute hiérarchie fasciste et Mussolini en personne sur l'extermination en cours en Europe de l'Est 10 .Bien que soumis à la censure, les journaux italiens ont donc laissé filtrer certaines informations relatives au sort des Juifs de l'Est, dans le but premier de renforcer l'antisémitisme du régime.Un rapport secret (7 octobre 1941) Avant de passer à l'analyse proprement dite des articles de presse, nous évoquerons ici un document de première importance.Il démontre que le 9 Voir Annalisa Capristo, « L'antisemitismo su alcuni grandi giornali italiani.Corrispondenze dai paesi dell'Europa orientale negli anni Venti e Trenta » (L'antisémitisme de quelques grands journaux italiens.Corerspondances dans les pays d'Europe orientale dans les années 1920 et 1930), Storia e politica.Annali della Fondazione Ugo La Malfa, n° 26, 2011, p. 163-176.10 La majorité des informations arrivées à Rome relatant les événements à l'est de l'Europe provenait de sources militaires (voir Thomas Schlemmer, Invasori, non vittime.La campagna italiana di Russia 1941-1943 (Envahisseurs, non pas victimes.La campagne italienne de Russie, 1941-1943), traduit de l'allemand par Ines Fratti et Gerhard Kuck, avec la collaboration d'Amedeo Osti Guerrazzi, Rome et Bari, Laterza, 2009, p. 78-80).Sur la question, voir également Renzo De Felice, Storia degli ebrei italiani sotto il fascismo (Histoire des Juifs italiens sous le fascisme), Turin, Einaudi, 1993 (nouvelle édition), p. 411-412 ; Michele Sarfatti, Gli ebrei nell'Italia fascista, op.cit., p. 221-222 ; Susan Zuccotti, Il Vaticano e l'Olocausto in Italia (Le Vatican et la Shoah en Italie), traduit de l'anglais par Vittoria Lo Faro, Milan, Bruno Mondadori, 2001, p. 108-130 (édition originale : Under His Very Windows.The Vatican and the Holocaust in Italy, New Haven,
Source: Revue d’Histoire de la Shoah
Authors: Annalisa Capristo, Fanny Levin Gallina
Language: French
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2937102738
