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Les déconvenues de la troisième révolution industrielle

Year: 2015
Type: article
Abstract: La table ronde a été introduite par une intervention de Jean-Paul Pollin.Pour lui, l'intitulé de cette session des Rendez-vous de l'Histoire, co-organisée avec le Cercle des économistes, renvoie à une question de circonstance.Elle évoque la déception grandissante à l'égard des innovations technologiques récentes que l'on nous avait présentées comme les ferments d'une nouvelle révolution industrielle.Or, depuis le début des années 2000, donc avant même la crise financière, les taux de croissance de la plupart des pays avancés se révèlent extrêmement faibles.De sorte que cette première question cède, progressivement, la place à une seconde, plus ample et plus déroutante.On en vient, en effet, à se demander si les économies développées ne sont pas durablement entrées dans une phase de très faible croissance, que l'on désigne par le terme de « stagnation séculaire ».Cette expression est d'ailleurs empruntée à Alvin Hansen qui l'avait utilisée lors de son adresse présidentielle à l' Association des économistes américains en 1938.Selon lui, dans la conjoncture qui prévalait alors, le taux d'intérêt réel ne pouvait se fixer au niveau capable d'assurer le plein emploi.Cela s'expliquait, à la fois, par une insuffisance de l'investissement par rapport à l'épargne, une baisse du niveau général des prix et l'impossibilité d'un taux nominal négatif.Ce qui impliquait un blocage du taux de croissance au-dessous de son niveau de longue période.Ce schéma, qui procède d'une sorte de vision keynésienne, peut parfaitement s'appliquer à la situation actuelle des économies avancées.Mais la stagnation qu'elles connaissent peut aussi s'analyser comme une contraction de leur croissance potentielle, due à un épuisement du progrès technique ou à l'affaiblissement d'autres facteurs tels que le niveau et la qualification de la population active, la productivité du capital, l'accès aux ressources énergétiques, la qualité des infrastructures publiques et des institutions… Ces possibles interprétations de la panne de croissance observée ont déjà suscité de nombreux et vifs débats.D'autant qu'elles débouchent sur des propositions de politiques économiques souvent différentes et parfois contradictoires.Pour les économistes keynésiens l'excessive faiblesse des taux d'intérêt réels d'équilibre appelle un relèvement de l'objectif d'inflation, un effort d'investissement public et une modération du taux d'épargne (par réduction des inégalités et orientation des mouvements de capitaux vers les émergents).D'autres économistes plus « classiques » proposent d'agir sur les déterminants de la croissance potentielle en stimulant l'innovation, l'investissement éducatif, les taux de participation à l'emploi… D'autres encore s'interrogent sur les caractéristiques des modèles économiques et sociaux susceptibles de freiner la croissance : le poids de la finance, la place de l'Etat, la distribution des revenus… Mais en général, tous conviennent que les politiques macroéconomiques conventionnelles sont inadaptées ou insuffisantes.
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2940019283
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