Work

Le massif granitique de la Margeride (Massif Central Français)

Year: 1977
Type: dissertation
Abstract: L'étude du Massif granitique de la Margeride (Massif Central français) a été abordée par les méthodes cartographiques, pétrographiques, géochimiques et structurales, adaptées au caractère largement grenu et porphyroïde que présente la quasi-totalité des roches de ce très vaste ensemble.Deux exemples remarquables de différenciation par gravité ont pu être mis en évidence à des échelles différentes, et pour la première fois semble-t-il avec autant de netteté dans des roches acides :- l'un à partir d'un magma granitique calco-alcalin installé dans un énorme laccolite d'environ 5 km d'épaisseur (granite de la Margeride) ;- l'autre, à partir d'un magma leucogranitique plus alcalin, à la partie inférieure d'un filon recoupant l'unité précédente, avec apparition d'une structure orbiculaire de type exceptionnel (granite orbiculaire du Signal de Randon).Dans l'un et l'autre cas, on observe la sédimentation de différentes générations de cristaux ou d'orbicules qui se superposent stratigraphiquement. L'application de la loi de Stokes a permis d'analyser ce mécanisme influencé notamment par l'augmentation de la viscosité du magma à mesure que sa température diminue. L'étude de l'évolution régulière vers un pôle leucocrate, siliceux et alcalin à la partie supérieure de l'ensemble différencié, s'appuie sur de nombreuses données cohérentes, pétrographiques, géochimiques (éléments majeurs et mineurs) et minéralogiques.La différenciation par gravité a permis de mettre en évidence les déformations secondaires subies par le pluton granitique, selon une méthode originale : étude bathymétrique à partir des courbes d'isoteneur en biotite, du mur du laccolite supposé horizontal initialement. Des plis de grande ampleur, prolongeant des structures déjà connues à l'extérieur du massif, mais indiscernables autrement, ont pu de la sorte apparaître, ainsi que le sens du mouvement de la faille de Saugues.D'autres applications de la différenciation gravitaire sont envisagées : variations géochimiques dans les filons de roches éruptives, identification des métagranites, métallogénie.Le caractère général du gisement laccolithique des granites intrusifs se confirme, même pour des plutons de grandes dimensions.La texture du granite porphyroïde de la Margeride résulte de la superposition de structures d'origine magmatique (figures de sédimentation des MFK bien marquées dans les niveaux les plus profonds) et de déformations secondaires ; les premières ayant le plus souvent guidé les secondes.Deux phases tectoniques postérieures aux granites de type Margeride ont pu être distinguées : la première correspond à la monté du dôme que constitue le granite autochtone du Velay dont le caractère diapirique est démontré. La seconde est due à des mouvements tangentiels qui se traduisent par des plissements, des charriages et des décrochements.L'étude détaillée des deux types d'enclaves basiques du granite (vaugnérite et enclaves microgrenues) a permis de reconnaître leur origine commune, analogue à celle des lamprophyres filoniens plus tardifs, et de préciser les conditions de leur mise en place. Ces enclaves résultent de l'irruption d'un magma basique dans le magma granitique en cours de différenciation, sans miscibilité directe.Les plus grosses enclaves, largement grenues (vaugnérites) jalonnent sur une trentaine de kilomètres une fracture (racine du laccolite correspondant à une anomalie gravimétrique) ayant servi successivement de voie d'accès aux deux fluides magmatiques.Les petites enclaves à grain fin, dispersées par les courants de convection, correspondent à des portions globuleuses de magma basique, rapidement figées au contact du magma granitique plus froid. Leur caractère hybride provient de l'assimilation plus ou moins complète des phénocristaux du granite (inclusions de MFK résorbées partiellement) absorbés par tension superficielle ou dans la traversée des cumulats granitiques. Les mêmes phénomènes s'observent sur la bordure des grosses enclaves vaugnéritiques.L'influence du rapport Al2O3/CaO sur la paragénèse des roches granitoïdes est soulignée.L'enchaînement des différents phénomènes éruptifs observés dans la région conduit à proposer un schéma logique de l'évolution thermique de la croûte à la suite de son épaississement au cours du cycle orogénique hercynien.Le modèle adopté correspond à un réchauffement, en régime transitoire, de l'écorce, à partir de sa limite inférieure plongée dans une région très chaude du manteau qui va lui transmettre sa chaleur par conduction.La dualité des magmas granitiques et dioritiques et leur permanence s'expliquent par la fusion fractionnée du matériel crustal selon deux fronts successifs qui progressent verticalement. Le premier, qui affleure actuellement autour du granite autochtone du Velay, est précédé par une brusque augmentation du gradient thermique se traduisant par un métamorphisme de type « basse pression ».Ce processus thermique se déroule tandis que le démantèlement de la chaîne hercynienne détermine, pour un niveau d'observation constant, des conditions de mise en place de plus en plus superficielles pour les roches éruptives.
Source: HAL
Language: French
Open Access status: green
OpenAlex ID: W2947846680
Cites:
Cited by: 16
Related to: 10