Year: 1996
Type: article
Abstract: Jusqu'à tout récemment, évoquer l'histoire de la sexualité au Québec, c'était se résoudre presque fatalement à répéter ce que tout le monde sait: le péché de la chair fut le grand péché du Québec, le symbole de notre enfer, mement national.Ainsi toute question relative au vécu sexuel et sentimen, tal, avant 1960, renvoyait,elle d'emblée au climat de peur et de répression d'une culture catholique ancienne dont nous n'en finissons plus de porter les séquelles.Aborder un tel sujet, pour la période 1940, 1960, c'était convier sur la place toute une génération de témoins, tout prêts à revendiquer l'avant, scène pour rendre compte d'un passé révolu, en affectant le privilège de l'avoir vécu.Mais qu'en est,il donc vraiment des normes sexuelles dans le Québec de cette période?Se peut,il que le climat culturel et les aspirations collectives des dernières décennies aient contribué à figer nos perceptions de l'histoire de la sexualité?Est--il possible qu'une étude plus approfondie du phénomène nous révèle une réalité différente des grands schémas de représentation qui ont si fortement imprégné notre mémoire collective?Pour aborder cette question il m'apparaît essentiel de s'interroger sur ce qui conditionne notre perception; de remettre en cause certains a priori concernant les rapports de pouvoir, les enjeux politiques et sociaux qui sont parties prenantes dans l'élaboration de la sexualité et, conséquemment, de la normativité sexuelle.À cet égard, je voudrais proposer ici quelques éléments de réflexion sur le rapport entre la sexualité et la mémoire collective.
Source: Bulletin d histoire politique
DOI: 10.7202/1063591ar
Author: Gaston Desjardins
Institution: Université du Québec à Rimouski
Language: French
Topic: Gender and Feminist Studies
Subfield: Gender Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2978108083
