Le façonnement neuropharmacologique de la culture. Anthropologie comparée des rituels à hallucinogènes sérotoninergiques et anticholinergiques
Year: 2019
Type: article
Abstract: Les expériences hallucinogènes déterminent-elles certains contenus culturels ou est-ce au contraire la culture qui détermine le contenu des expériences hallucinogènes ? Certains auteurs ont défendu la thèse d’un déterminisme neuropharmacologique. D’autres ont soutenu la thèse d’un déterminisme culturel. L’une et l’autre de ces thèses souffrent d’une double faiblesse : elles se fondent sur un nombre fort restreint de cas ethnographiques (absence de comparatisme anthropologique) ; elles se fondent sur l’analyse d’un nombre limité de substances (absence de comparatisme neuropharmacologique). J’argue ici en faveur d’une tierce position : celle d’un déterminisme neuropharmacologique faible et pluriel. Après avoir distingué entre différentes classes d’hallucinogènes, et identifié leurs mécanismes d’action et leurs effets psychologiques respectifs, j’examine la manière dont les rituels se trouvent distinctement façonnés par les déterminismes neuropharmacologiques. Les rituels à datura (hallucinogène anticholinergique) d’Amérique du Nord sont ainsi comparés aux rituels à ayahuasca (hallucinogène sérotoninergique) d’Amazonie, puis aux rituels impliquant doublement un anticholinergique et un sérotoninergique du groupe jivaro de la Montaña. En conclusion, il est démontré que facteurs culturels et neuropharmacologiques, loin d’être forcément compétitifs, s’avèrent souvent être synergiques.
Source: Cahiers d anthropologie sociale
DOI: 10.3917/cas.017.0132
Author: Martin Fortier
Language: French
Subfield: Clinical Psychology
Field: Psychology
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2991548627
