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1980: un écrivain romand est une femme

Year: 2020
Type: article
Abstract: Avec l'attribution du Grand Prix C. F. Ramuz à Alice Rivaz le 29 novembre 1980, celle-ci rejoint un panthéon exclusivement masculin.Son nom s'inscrit à la suite de ceux qui, dès 1955, ont reçu ce prix prestigieux remis tous les cinq ans : Pierre-Louis Matthey, Charles-François Landry, Marcel Raymond, Philippe Jaccottet et Jacques Mercanton.Au sein du jury de l'édition 1980, la ligne de démarcation entre les candidats et leurs défenseurs correspondait, au terme de la première réunion du comité, à un partage des eaux entre les hommes et les femmes : Jean-François Piguet, Jean-Paul Verdan et Jean Roudaut soutenant Robert Pinget d'un côté, alors que Doris Jakubec et Anne Perrier parvenaient à maintenir la candidature d'Alice Rivaz au point d'imposer, circonstance exceptionnelle dans l'histoire du prix, une seconde séance de délibération, au cours de laquelle bascula le vote.Le processus avait été d'autant plus long que, lors du premier tour de table, aucun des trois jurés masculins n'avait mentionné Alice Rivaz : sans Anne Perrier et Doris Jakubec, son nom serait demeuré ignoré au sein de ce qu'ellemême avait qualifié de « firmament noir du langage féminin » pour dénoncer, dès 1945, l'absence des femmes de la tradition littéraire.Doris Jakubec, qui fut, dès 1981, directrice du Centre de recherches sur les lettres romandes (CRLR) et l'une des toutes premières femmes professeures à l'Université de Lausanne, était sensible aux risques d'incompréhension planant sur une pionnière.Quant à Anne Perrier, qui eut parfois l'impression douloureuse d'écrire dans l'ombre de Jaccottet, elle se reconnaissait dans la non-reconnaissance d'Alice Rivaz.Admirant l'intégralité de l'œuvre, elles avaient été particulièrement impressionnées par Jette ton pain (1979), livre-somme génial, susceptible de marquer le
Language: French
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W3028373364
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