Year: 2021
Type: article
Abstract: Le choix du mode de gestion de l’eau potable dans une ville, un village ou un territoire aurait toutes ses chances de n’être qu’un sujet technique, dépolitisé, relevant de la seule rationalité instrumentale du discours technico-économique. Pourtant, si l’on engage à son propos un travail d’enquête dont l’objectif est d’en faire un élément stratégique de la constitution d’un commun, notre regard peut changer radicalement. Ce fut la démarche d’un collectif d’usagers dans le territoire Ouche et Montagne en Côte-d’Or (21) que nous mettons ici en lumière en tant qu’observateur impliqué. Par ce récit, nous cherchons à montrer que si l’eau peut se constituer en commun inaliénable et inappropriable pour être définitivement sortie du spectre de la marchandise, c’est dans sa mise en politique par le bas, par ses usagers, par la construction d’un rapport communal à l’eau, et non depuis ses abstractions dépolitisantes que nous propose le débat politique traditionnel. Et cette reconquête des communs est nécessairement transformatrice, de notre rapport au politique et de notre rapport au savoir. Pour le premier, nous témoignons de la puissance d’une repolitisation concrète et située de la question de l’eau, non polarisée et non déterminée théoriquement de façon aprioriste. Pour le second, nous comprenons que la constitution d’un commun passe par la rencontre entre territoire et savoir. Et plus précisément, par la création d’un savoir populaire critique sur nos infrastructures (eau, électricité, foncier agricole, production et distribution alimentaire…), ces infrastructures qui dessinent et organisent nos territoires et conditionnent en partie les possibles que nous pouvons y projeter, savoirs qui deviennent des bords du politique nourrissant tant les mobilisations que les alternatives territorialisées.
Author: Léo Coutellec
Language: French
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W3136241035
