Year: 1995
Type: paratext
Abstract: Dans les années 1990, un mot nouveau fait son apparition à Douala, capitale\néconomique du Cameroun : « feyman ». Sur les marchés, dans les bars et les\nrestaurants, on parle de « feymen » (pluriel) et de « feymania » (l'art de se comporter en\nfeyman). L'étymologie du mot est incertaine. Le terme viendrait du pidgin, lingua franca\nintroduite par les Britanniques avant l'annexion du Cameroun par l'Allemagne en 1884. La\nseconde syllabe – « man » – est sans aucun doute d'origine pidgin. Ce serait le cas\négalement de la première, mais par une voie quelque peu détournée. « Faire », dans\nl'argot des villes camerounaises, signifie « tromper », « gruger ». « Se faire faire » ou,\nmieux, « se faire fait », c'est « se faire avoir ». Sous l'influence du pidgin et du franglais,\n« fait » devient « fey ». A l'idée de berner ou de se faire berner, implicite dans le terme\n« fey », s'ajoutent d'autres significations, nées en partie d'homonymies. Les feymen,\ndisent certains, sont comme des fées : il y a chez eux quelque chose de magique. Ils sont\naussi, fait remarquer le sociologue Eric de Rosny, des hommes du feu (« fiya » en pidgin),\ndes « flambeurs » et des êtres liés au monde de la sorcellerie, dans lequel le feu occupe\nune place fondamentale...
Source: SPIRE (Sciences Po)
Authors: Malaquais, Dominique, Sciences Po. Centre de recherches internationales (CERI)
Language: French
Subfield: Anthropology
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W3208963413
