Year: 2002
Type: article
Abstract: Résumé Subjectivement vécue comme un privilège et une garantie d’autonomie, la traditionnelle solitude du traducteur et son statut d’« ouvrier à domicile » constituent un modèle pour le fonctionnement actuel du secteur de l’édition, qui a aujourd’hui recours à plus de 40 % de non-salariés ponctuellement affectés à des tâches payées en droits d’auteur. La propension des traducteurs à vivre leur métier comme une « vocation » transfigure leur ascétisme en signe d’élection. Regroupés dans une association et non dans un syndicat, ils sont divisés par un clivage entre traducteurs à temps plein et universitaires traducteurs qui hiérarchise l’accès au patrimoine littéraire le plus noble (qui est aussi masculinisé). Mais l’exacerbation de cet antagonisme tient surtout au fait qu’ils ont en commun dans bien des cas des capitaux scolaires élevés qui n’ont pas été assortis des mêmes profits sociaux, et ne doit pas dissimuler qu’ils partagent une même vocation à ne pas « se faire un nom ».
Author: Isabelle Kalinowski
Language: French
Subfield: Language and Linguistics
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4205330838
