Year: 2012
Type: article
Abstract: Le monde est en train de perdre ses meilleures oreilles ; il devient sourd.Je croise aujourd'hui des ingénieurs du son qui ignorent tout du "son", précisément, qui ne pensent qu'au signal sonore et à sa transformation par les processeurs.J'ai eu la chance de trouver un studio où je peux travailler en très bon numérique, mais je regrette de ne plus pouvoir enregistrer en analogique.Je fais du lo-fi, mais pas par choix, par nécessité.» (Matias et Penasse, 2008, p. 117.)ONTOLOGIE NUMÉRIQUE Une des questions posées par le passage au numérique est de savoir si nous avons à faire avec quelque chose de fondamentalement nouveau, ou s'il s'agit plutôt du prolongement de pratiques qui existaient déjà au XX e siècle mais que l'innovation technologique permet de radicaliser.Dit autrement, existet-il quelque chose comme une ontologie numérique, distincte d'une ontologie analogique, et si cette distinction est fondée, en quoi ouvre-t-elle à des usages inédits de la culture, de l'art et des médias, et plus généralement, nous engaget-elle dans des nouvelles formes de rapport au monde, pratiques, axiologiques, esthétiques, symboliques ?C'est cette question que nous souhaitons aborder dans ce numéro de Réseaux, en prenant pour terrain d'analyse les transformations du champ musical, et en insistant tout particulièrement sur le lien entre les technologies et la musique en régime numérique 1 .1. Ce numéro de Réseaux est issu d'une recherche sur le travail artistique en régime numérique, dirigée par Philippe Le Guern et menée avec le soutien de l'ANR, dans le cadre du programme thématique « Formes et mutations de la communication ».
Source: Réseaux
DOI: 10.3917/res.172.0009
Author: Philippe Le Guern
Language: French
Subfield: Computer Vision and Pattern Recognition
Field: Computer Science
Domain: Physical Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4232882987
