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Nécromancie

Year: 2012
Type: article
Abstract: Nedjima Plantade 1La nécromancie (divination par les morts) fait partie de l'univers mantique, et ne peut être envisagé que dans un contexte religieux où la mort n'est pas conçue comme un anéantissement.L'islamisation de la pensée relative à la mort n'empêche pas la persistance de traces, réaménagées ou non, d'une conception plus ancienne.On sait que depuis les temps préhistoriques, les Berbères prenaient un grand soin dans le traitement de leurs morts (teinture du corps à l'ocre rouge, architecture et mobilier funéraires), témoignant ainsi de leur croyance en une vie dans l'au-delà.Bien que relevant de la même sphère mantique, le thème de la nécromancie, contrairement à celui de l'incubation*, ne semble guère avoir attiré l'attention des chercheurs.Le seul rite nécromantique proprement dit ayant fait l'objet d'un travail ethnologique est celui de l'asensi observé en Kabylie au cours des années 1970 (Virolle 1981(Virolle , 1982(Virolle , 1989)). De l'immortalité de l'âme 2La croyance à une vie future après la mort, forgée à partir d'une certaine idée de l'« âme », a permis le culte des ancêtres, et a favorisé le développement de pratiques funéraires qui se sont vues plus tard condamnées par les religions révélées.Ces dernières, qui ont élaboré une toute autre idée de l'âme et de l'éternité, ont associé ces croyances et pratiques au Mal et les ont reléguées du côté du Diable.Le terme d'« âme » paraît d'ailleurs peu approprié pour désigner ce qui, en réalité prend la forme de plusieurs « composantes de l'être », dont l'une d'entre elles se conserve au-delà de la mort, une sorte de double spirituel avec lequel on vient au monde et qui se conserve dans l'immortalité. 3Le masculin pluriel pan-berbère iman ne peut en effet se satisfaire du féminin singulier par lequel on le traduit communément en français.J. Servier repère deux « âmes », dont l'une, nnefs, est « végétative », féminine, vient de la mère, correspond aux émotions, et siège dans le foie ; l'autre, le ṛṛuḥ, est « subtile », masculine, vient de l'invisible, correspond à la volonté, et siège dans le cœur.C'est cette seconde composante qui se dégage avec le dernier souffle pour gagner l'éternité, tandis que la Nécromancie Encyclopédie berbère, 33 | 2012
Language: French
Subfield: Archeology
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W4233785975
FWCI: 2.448
Cites: 6
Cited by: 3
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