Year: 2010
Type: article
Abstract: Puissant roi maure qui régnait dans les années 530 sur toute l'ancienne province de Maurétanie Césarienne, soit les deux-tiers de l'Algérie actuelle, ce personnage n'est connu que par deux brefs passages de la Guerre vandale, récit de la reconquête byzantine de l'Afrique composé vers 550 par le Grec Procope de Césarée.Selon ce témoin direct des événements, qui séjourna en Afrique de 533 à 536, Mastinas, peu avant 535, s'était entendu avec le chef des Maures indépendants de l'Aurès, Iaudas, pour évincer Ortaias, le prince souverain de la région située entre leurs deux États, soit le Hodna et une part plus ou moins vaste de l'ancienne Maurétanie Sitifienne (Guerre vandale, II, 13, 19).Mais le débarquement byzantin de 533, qui mit fin à un royaume vandale affaibli et ayant perdu depuis près d'un demi-siècle toute autorité sur ces régions, contraria ses projets.Ortaias s'entendit avec les Grecs et collabora, d'une manière qui ne convainquit guère ses alliés, à leur expédition de 535 dans l'Aurès.Celle-ci échoua, sans que Mastigas se manifeste.En 539, le général byzantin Solomon repartit à l'assaut contre l'Aurès, s'en empara, puis annexa les régions situées à l'ouest du massif, soit le royaume d'Ortaias.Mais il n'alla pas plus loin, et n'entreprit apparemment rien contre Mastigas, qui, à nouveau, ne semble pas avoir aidé son allié Iaudas dans cette guerre, même s'il l'accueillit après sa défaite.Procope, concluant son récit de ces événements de 539, se contente de dire à propos de l'ancienne Maurétanie Césarienne : Là habitait avec ses Maures Mastigas, qui avait pour sujet et tributaire tout le pays sauf la cité de Césarée (Guerre vandale, II, 20, 30-31).Il est fort douteux, comme le laisserait croire l'inscription signalée par Ibn Khaldûn sur un des Djédars, que Solomon ait entrepris, entre 540 et 544 (date de sa mort) une autre campagne dans ces régions.Les Byzantins, outre Caesarea (Cherchell) ne réoccupèrent seulement que d'autres sites côtiers (ainsi Rusguniae, dans la baie d'Alger), avec lesquels les liaisons se firent seulement par mer.Ce simple détail, signalé par Procope (II, 20, 32, à propos de Caesarea), suffit à affirmer que Mastigas était resté un souverain totalement indépendant, et non un vassal de l'Empire : le fait qu'il donna asile à Stotzas, chef des soldats byzantins mutinés contre leur général, en 537, le confirme d'ailleurs implicitement.
Source: Encyclopédie berbère
Author: Y. Moderan
Language: French
Subfield: Classics
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W4239702009
