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Debate:About Pierre Bourdieu

Year: 2002
Type: article
Abstract: Le débat à propos de Pierre Bourdieu ouvert dans le dernier numéro de la Revue suisse de science politique se poursuit dans le présent numéro par deux contributions supplémentaires.Comme nous l'avions alors indiqué, l'objectif n'était nullement commémoratif.Il ne s'agissait pas non plus d'ouvrir un débat à proprement parler opposant des partisans et des adversaires de la sociologie politique bourdieusienne.L'intention était plutôt de concevoir un forum à plusieurs entrées permettant à différents auteurs d'éclairer certains aspects du travail de Pierre Bourdieu et, surtout, de questionner son apport à l'analyse politique.Cet apport est sans conteste important, mais il suscite évidemment la discussion.Et les précédentes contributions ont développé des interrogations croisées à propos, notamment, des concepts (comme celui de champ politique) mobilisés dans l'analyse politique élaborée par Pierre Bourdieu et ses héritiers, des attendus épistémologiques, voire philosophiques de ce modèle théorique, de la façon dont celui-ci, à vocation généraliste, s'articule au cloisonnement des disciplines scientifiques ainsi qu'à d'autres modèles existants, des usages également de ce modèle dans des travaux de science politique, ou encore de sa capacité à intégrer une perspective à la fois critique et scientifique.Les deux dernières contributions s'inscrivent également dans la logique attendue de ce forum à plusieurs voix.Celle de Bernard Lacroix est plus précisément consacrée à une analyse de la réception de l'œuvre de Pierre Bourdieu dans la science politique hexagonale.En ce sens, Bernard Lacroix s'engage moins sur le terrain théorique de la contribution de Pierre Bourdieu à l'analyse politique que sur celui, plus empirique, de l'histoire sociale d'une discipline scientifique.Autre façon, bien entendu, de poser les problèmes théoriques que de les aborder sous l'angle des usages d'un auteur tel que Pierre Bourdieu en science politique pour en considérer les effets sur la production scientifique.Autre façon aussi de maintenir une exigence de réflexivité que d'envisager ces usages en tenant compte des transformations du champ académique et, plus largement, du monde social dans lequel ce dernier s'inscrit.En définitive, Bernard Lacroix contribue dans son texte à reformuler la question peut-être mal posée de l'"influence" d'un auteur "sur" une discipline scientifique et ouvre ainsi une voie pour saisir la science en action.La contribution de Jacques Lagroye porte, quant à elle, sur un des objets les plus classiques de la science politique: l'institution.L'essentiel du propos consiste à montrer en quoi le travail sociologique de Pierre Bourdieu permet d'écarter l'erreur objectiviste, fort répandue en science politique, qui tend à réifier l'institution.Jacques Lagroye montre bien, avec Pierre Bourdieu, que l'institution n'est pas une "chose en soi", mais qu'elle est le produit des pratiques sociales, c'est-à-dire d'un travail d'objectivation dont une des formes est l'institutionnalisation. Ce point de vue figure donc un programme de recherche, amorcé par Pierre Bourdieu lui-même et poursuivi par plusieurs travaux en science politique, sur les ressorts sociaux de l'institutionnalisation. Il s'agit alors de comprendre les logiques sociales qui font exister l'institution (produire l'institution) et de saisir les pratiques sociales en tant qu'elles se déploient dans une institution (exister dans l'institution).Ainsi se clôt, sans doute provisoirement, ce forum consacré à l'œuvre de Pierre Bourdieu, sur laquelle la Revue suisse de science politique aura l'occasion de revenir en publiant des contributions nouvelles à ce sujet.
Language: English
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4246230453
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