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L'interjection : jeux et enjeux

Year: 2006
Type: article
Abstract: L'interjectionþ: jeux et enjeux L'interjection a constitué depuis longtemps un sujet d'étude très controversé car son statut linguistique a toujours posé des problèmesþ: depuis l'Antiquité, les grammairiens se demandent si elle fait partie du discours, si elle est une partie du discours ou si elle constitue une classe grammaticale indépendante.Les Grecs font de l'interjection une sous-classe à l'intérieur de la catégorie des adverbes, comme le fait Apollonius Dyscole.Ce sont les Romains qui commencent à la considérer comme une partie du discours.Sous le terme de particula interjecta, le mot apparaît chez Varron.Il mentionne des morphèmes qui génèrent une forte émotion.Leur émission interrompt le discours et en supprimant souvent une partie de la phrase, elles en détruisent la structure normale.Et Varron emploie les termes interiectio et interiecta pour décrire cette façon particulière de faire apparaître une forte émotion.L'interjection gagne en autonomie chez Donat et Priscienþ: le second rappelle que les Grecs (Apollonius Dyscole, Denys de Thrace) rangent l'interjection sous l'adverbe, mais comme elle peut avoir la signification d'un verbe, il en fait une partie du discours autonome.Donat en fait la huitième partie du discours.L'autonomie de l'interjection n'est cependant pas acquise une fois pour toutesþ: dans les théories médiévales, elle est subordonnée, le plus souvent, à la catégorie des prépositions ou encore des adverbes.Les Modistes retiennent sans doute la définition de Priscien et de Donat, et Michel de Marbais reproduit la définition de Donat presque mot pour mot.Cependant, dans l'attentive étude qu'il leur consacre, G.-L.þBursill-Hall note un retour, chez eux, à la conception d'une étroite union avec le verbe (Bursill-Hall 1971).Cette ambiguïté de l'interjection -partie du discours autonome ou partie rattachée au verbe ou à l'adverbe -perdure donc tout au long du Moyen Âge avec les Modistes.Mais dans l'approche de l'interjection, il faut encore prendre en compte la question de son origine et de son degré d'arbitraire, qui n'a cessé d'agiter ses analystes depuis l'Antiquité jusqu'à la Renaissanceþ: dans un large aperçu synthétique, J.þPinborg (Pinborg 1961) suit son traitement depuis l'Antiquité jusqu'à sa révision dans les commentaires de Pierre Hélie qui, au XII e þsiècle, engendre une réflexion intéressante prolongée à la Renaissance -où se pose de façon cruciale le problème des origines du langageþ: M.-L.þDemonet en reprend les principales articulations dans sa magistrale étude sur la nature et l'origine du langage à la Renaissance
Source: Langages
Language: French
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4246556932
FWCI: 8.434
Cites: 4
Cited by: 31
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