Year: 2012
Type: article
Abstract: Dans sa lecture, Chiara Bortolotto propose une analyse stimulante qui prolonge et enrichit ce qui se voulait être le propos général de notre projet éditorial.Je lui suis donc reconnaissant d'avoir mis en examen avec acuité la problématique de la relation ethnographique qui, en amont des questions patrimoniale et mémorielle, a joué un rôle matriciel dans la conception de ce travail autour de la igure ou plutôt de diverses igures de passeurs de mémoires aujourd'hui observées et en liaison avec les chercheurs en sciences sociales.Chiara Bortolotto souligne un aspect de ces igures qui me semble être crucial, à savoir le fait qu'il s'agit d'individualités qui doivent être appréhendées dans la singularité de leurs proils et de leurs actions.D'ailleurs, c'est une telle singularité qui constitue le véritable centre de leur rapport à la fois de familiarité et de distanciation avec les entités culturelles qui sont l'objet de leurs connaissances et de leurs actions.J'ai été sensible à sa remarque inale sur l'emploi, selon elle, acritique du mot « informateur » dans un ouvrage consacré en partie au devenir notionnel de ce terme dans l'histoire du discours et des pratiques de l'ethnologie.Bortolotto a raison d'attirer notre attention sur ce sujet, car, même si ce n'est pas une histoire conceptuelle des mots que le livre aspire à intégrer, un questionnement sur leurs usages conjoncturels est nécessaire.Vériication faite, le terme d'« informateur(s) » est employé par la plupart des auteurs de l'ouvrage.À l'exception de mon Introduction où je situe le mot en question au sein d'une analyse critique de type généalogique, dans la grande majorité des autres contributions, il fait l'objet d'une mise en perspective distanciée et rélexive tout en étant utilisé d'une manière très sporadique : Quinze occurrences sur un ensemble de douze textes.Cela dit, la question soulevée par Bortolotto demeure pertinente, car elle interroge une formulation cruciale à l'œuvre dans la déinition, au propre et au iguré, des rôles qui fabriquent l'échange ethnographique, et donc aussi les rapports de force internes à son étendue épistémologique et physique.À cet égard, je peux essayer en guise de réponse d'avancer des hypothèses sur les formes de persistance, à l'époque de la « collaborative anthropology », de la référence au mot « informateur » dans des contributions du volume que j'ai dirigé.Bien entendu, ces hypothèses n'engagent que celui qui les esquisse.Les auteurs qui ont participé à la réalisation d'Ethnologues et passeurs de mémoires appartiennent à une ou à des générations ayant métabolisé (me semble-t-il) les bienfaits et les leurres d'une science du social aux aspirations qui ont pu être déinies comme étant textualistes, interprétatives ou herméneutiques.Leur maniement du terme « informateur » pourrait 155
Source: Civilisations
Author: Gaetano Ciarcia
Institution: Université de Montpellier
Language: French
Subfield: Anthropology
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W4248139002
