Tension et densité de l’intervalle sériel
Year: 2021
Type: article
Abstract: Il faut abandonner une perspective de la sérialité comme purement « industrielle » (Adorno/Horkheimer) ou in fabula (Eco) pour rendre compte de la richesse sémiotique et herméneutique de l’intervalle sériel. Une double répétition (Soulez), structurelle (par le genre, par exemple) et matricielle (par la question irrésolue en jeu tout au long de la série), détermine un double intervalle et une implication différente (mais complémentaire) du spectateur. Cette approche permet de mieux identifier la signification de certaines bifurcations et bizarreries des épisodes et on peut voir le rôle très important des intervalles qui viennent « habiter » des espaces intermédiaires, flottants, voire être constitués en tant que tels alors qu’ils ne semblaient pas secondaires ou, au contraire, essentiels, selon qu’on change de point de vue ou de plan d’interprétation. Nous verrons que l’intervalle sériel est un espace de porosité possible entre diégèse et spectateur du point de vue de la temporalité, en indiquant que des circuits temporels complexes (projections, relectures, découpages et redécoupages, etc.) sont à l’œuvre pour guider ou stimuler le travail spectatoriel. Deuxièmement, que l’intervalle est différent selon qu’il est pris dans une dynamique structurelle ou génésique (y compris du point de vue de l’intertextualité). On peut, troisièmement, noter qu’il existe dans le travail spectatoriel une capacité d’intervallisation, ou création d’intervalles, plus ou moins virtuelle.
Source: Sens public
DOI: 10.7202/1089609ar
Author: Guillaume Soulez
Institution: Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4285067727
