La question de l’identité : pour une sémiotique éco-anthropologique
Year: 2020
Type: article
Abstract: 1. L’identité entre éco-anthropologie et sémiopoiétique Ballottée entre « identités nationales » et « politiques identitaires », entre des identités individuelles exacerbées et des affirmations identitaires visant l’exclusion, la notion d’identité, non sans raison, a désormais mauvaise réputation. C’est le cas en particulier chez les anthropologues. Parmi eux, Francesco Remotti, depuis Contro l’identità (1996) jusqu’à L’ossessione identitaria (2010), s’est montré particulièrement critique1. Tout d’abord contre une identité qui se révèle à ses yeux être un masque, sinon une fiction visant à cacher la précarité d’un « je » qui se gonfle en un « nous » à son tour très précaire ; contre une identité plurielle aussi, qui, se configurant comme une « illusion », ne peut s’affirmer que face à une altérité tout aussi fictionnelle. Puis face à une modernité entraînée par un processus généralisé de « déculturation » au profit d’un monde asservi au marché et à la consommation de biens matériels : constat d’un monde pauvre en « relations et projets de coexistence ». Tout cela incline à se passer du concept d’identité « avec ses mythes, aussi misérables qu’ils sont stupides »2. Néanmoins, l’existence même du corps propre, avec notamment ses dispositions génétiques et ses capacités neuronales, oblige à reconnaître pour toute personne une identité in-dividuelle : en-deçà de toute essentialisation philosophique du « sujet » et au-delà de la dialectique ricœurienne entre l’idem et l’ipse (sur
Source: Actes Sémiotiques
DOI: 10.25965/as.6422
Author: Claude CALAME
Institution: École des hautes études en sciences sociales
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4285705159
