Vers une écologie littéraire
Year: 2022
Type: article
Abstract: Ce fut le réflexe de défense d’une littérature qui, se sentant menacée parce que ses techniques et ses mythes n’allaient pas lui permettre de faire face à la situation historique, se greffa des méthodes étrangères pour pouvoir remplir sa fonction dans des conjectures nouvelles. […] Nous avons entrepris de faire une littérature des situations extrêmes. »Jean-Paul Sartre L’Angoisse, ce minuit […]Mallarmé Nous n’entrons pas seulement dans une « époque de terreur1 » : nous entrons dans une époque de terreur et de pitié. Le climat nous épouvante, le sort du vivant nous afflige — Nous sommes malades d’écophobie et malades d’écopathie. Ce nouveau sentiment tragique trahit le retour d’un contexte excédant notre maîtrise. Nos modes de pensée s’en ressentent : sciences humaines et humanités ont entrepris d’acclimater leur épistémologie au grand souci écologique. Nos modes de pensées et nos manières de vivre. L’anthropocène n’a rien à voir avec une ère géologique ; c’est la métaphore obsédante d’une angoisse (Angst) documentée qui ne laisse pas l’esprit dormir. Il y a celles et ceux qui y sont déjà entrés ; il y a celles et ceux qui s’y noient entièrement, en perdent le repos, y perdent la mesure ; et il y a celles et ceux qui vivent encore comme avant, curieusement échappés à sa cloche d’insomnie. Dans « Situation de l’écrivain en 1947 », Sartre exhorte la littérature à sortir de sa réserve pour s’enrôler dans la praxis et en veut pour preuve la torture : dans les geôles souterraines d
DOI: 10.58282/lht.2841
Author: Jean-Christophe Cavallin
Language: French
Subfield: Literature and Literary Theory
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4287458648
