Year: 2022
Type: article
Abstract: Florent Siaud nous le rappelait au début de la première partie de cet entretien, publiée il y a quelques semaines dans la revue Agôn et encore consultable ici : il est délicat de parler de dramaturgie tant une définition précise de cette pratique théâtrale fait défaut, et ce depuis son origine, depuis l'ouvrage fondateur de Lessing composé entre 1767 et 1768 alors qu'il était Dramaturg au théâtre de Hambourg.En marge du livre de Christian Biet et Christophe Triau, Qu'est-ce que le théâtre ?(2006), Joseph Danan confie ainsi son propre désarroi face à la fonction dramaturgique : « On m'appelle le dramaturge mais je ne sais pas vraiment ce que je suis, ni si les autres dramaturges font le même métier que moi.En France, nous sommes nouveaux et, chacun, unique » 1 .2 À défaut de nous aider à proposer une définition précise de la dramaturgie, Joseph Danan nous permet ainsi de mieux comprendre qui est le dramaturge : il est avant tout un corps -et non une fonction -, un corps qui participe à la création d'un spectacle aux côtés d'autres corps -ceux du metteur en scène, des comédiens, des scénographes… Toutefois, si le corps du dramaturge est « unique » ainsi que le notait Joseph Danan, s'il se distingue des autres corps, c'est qu'il est avant tout un corps intermédiaire.Le dramaturge, finalement, est toujours au carrefour : il dialogue tant avec le metteur en scène qu'avec les comédiens ou les costumiers ; il est engagé tant dans la théorie que dans la pratique.En ce sens, l'intermédialité qui définit la singularité du corps du dramaturge au sein de l'équipe d'un spectacle révèle sa fragilité : le dramaturge ne s'appartient pas.Il n'existe que dans le contact aux autres corps spectaculaires, et plus particulièrement à celui du metteur en scène avec qui s'invente, se construit une relation singulière faite de remarques concernant les choix scéniques, de leurs remises en doute ou de leurs affirmations -bref, d'attentions.Et c'est précisément par l'attention dont il fait preuve à l'égard des autres corps spectaculaires que le dramaturge inscrit son empreinte dans un spectacle.Une empreinte à son image : fondamentalement fragile, ténue, mais essentielle, ainsi que l'atteste le témoignage de Florent Siaud.
Source: Agôn Revue des arts de la scène
DOI: 10.4000/agon.769
Authors: Florent Siaud, Sylvain Diaz
Language: French
Subfield: Visual Arts and Performing Arts
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4291114687
