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Rencontre Dramaturgie et marionnette

Year: 2022
Type: article
Abstract: À l'occasion de la représentation de L'Opéra du dragon (de Heiner Müller) aux Célestins à Lyon, le laboratoire Agôn a reçu le 30 novembre 2010 Johanny Bert, de la Cie théâtre de Romette, et Julie Sermon, dramaturge et maître de conférence en Etudes Théâtrales à l'Université Lumière -Lyon II.Cette rencontre, animée par Sylvain Diaz et Barbara Métais-Chastanier, ouvrait une perspective encore inédite, celle de la dramaturgie de la marionnette et du théâtre d'objet qui devrait donner lieu à d'autres prolongements.De la rencontre à la collaboration BARBARA MÉTAIS-CHASTANIER.Avant que nous ne plongions dans des questions purement dramaturgiques, peut-être pouvez-vous vous présenter, et nous dire, toi, Johanny, comment tu es venu à la marionnette et toi, Julie, nous expliquer le chemin qui peut conduire une dramaturge à travailler sur un spectacle de marionnette ?JOHANNY BERT.J'ai commencé par faire une formation d'acteur, à Saint-Etienne.Je m'intéressais déjà à la marionnette avant cela.A l'issue de cette école, j'ai été me former auprès d'Alain Recoing qui travaille sur la marionnette contemporaine.Je ne me définirais pas comme un marionnettiste pour autant mais plutôt comme un metteur en scène qui a souvent recours à la forme marionnettique : je travaille beaucoup sur le rapport entre l'acteur et d'autres disciplines artistiques.B. M.-C.De ton côté, Julie, j'ai le sentiment que la marionnette était vraiment une rencontre qui prolongeait ton travail de recherche.JULIE SERMON.Effectivement, mon intérêt pour la marionnette est venu des recherches que j'ai conduites dans le cadre de ma thèse, consacrée à la question du personnage dans le théâtre contemporain, et, plus particulièrement, à ces formes de personnage que les auteurs et les praticiens préféraient appeler « figures », sans pour autant Rencontre Dramaturgie et marionnette Agôn , Dramaturgie des arts de la scène 1 définir précisément ce qu'ils entendaient par-là ; cela a été l'un des enjeux de mon travail.Les auteurs sur lesquels je fondais ma réflexion, à savoir Jean-Luc Lagarce, Philippe Minyana, Valère Novarina et Noëlle Renaude, étaient tous -à l'exception de Lagarce -montés par des marionnettistes.C'est donc en m'intéressant à ce qu'on pouvait faire de ces auteurs que j'ai découvert la marionnette.J'ai alors réalisé à quel point cette forme recoupait des questions qui m'intéressaient tout particulièrement (la mise en demeure du réalisme, de la psychologie, l'approche plastique et rythmique du personnage).Du coup, je me suis penchée sur cette très belle histoire, celle de la marionnette moderne et contemporaine.De fil en aiguille, m'a été proposée la direction d'un numéro de Théâtre/Public 1 consacré à la marionnette : c'est à l'occasion de cette publication que nous nous sommes rencontrés avec Johanny.Sylvain Diaz.Comment êtes-vous passés de la rencontre à la collaboration ?J. S. Quand je suis arrivée sur Lyon, j'étais en train de constituer le sommaire du numéro de Théâtre/Public et je souhaitais renouveler un peu l'objet d'étude en m'attachant plus particulièrement au travail des jeunes compagnies.Il y a un numéro de Théâtre / Public consacré à la marionnette tous les trente ans, alors autant se rendre attentif à la génération émergente !L'Opéra de Quat'sous était programmé au Théâtre des Célestins : c'était l'occasion de parler du travail développé par Johanny au sein du Théâtre de Romette, travail qui présente l'intérêt d'explorer de multiples voies, de nouer de multiples dialogues entre les arts (jeu d'acteur, formes marionnettiques, musique, danse, texte etc…).J. B. De mon côté, depuis plusieurs créations je travaille avec des dramaturges.Pour L'Opéra de Quat'sous de B.Brecht et K.Weill, j'ai collaboré avec Catherine Ailloud-Nicolas et pour ce texte de Müller, avec Julie.Je crois que j'ai tendance à fonctionner par images autour d'un texte.La recherche est passionnante quand il s'agit de mettre en relation la langue de l'auteur avec un choix esthétique et polymorphe comme la forme marionnettique.Ce dialogue avec le dramaturge est important.Je n'en n'avais pas conscience avant et surtout ne pouvait me le permettre dans les premières productions.Pourtant, la présence d'un dramaturge devrait faire partie intégrante d'une équipe, surtout dans les premiers projets… Du regard extérieur à la dramaturgie B. M.-C.Même si l'intitulé de dramaturge ne revient pas systématiquement dans les dossiers de tes spectacles, il y a quand même souvent un collaborateur, un regard extérieur.Est-ce que quelque chose a changé avec ce passage plus franc à la dramaturgie ?J. B. Effectivement, c'est la deuxième fois que je travaille avec quelqu'un qui est vraiment nommé dramaturge.Mais j'ai toujours eu des assistants à la mise en scène ou des collaborateurs à la mise en scène.Il s'agissait déjà d'un travail de dialogue : « Il vient de se passer ça en répétition.Le point de départ, c'était ça.Est-ce qu'on raconte toujours ce qu'on voulait raconter au départ ?».J'aime bien le rapport de collaboration dramaturgique parce que cela me permet d'engranger des choses, de nourrir le travail à un autre endroit et de pouvoir ensuite faire des choix.Il y a aussi des choses que je n'entends pas immédiatement mais qui me permettent parfois d'affirmer d'avantage une envie.Rencontre Dramaturgie et marionnette Agôn , Dramaturgie des arts de la scène
Language: French
Open Access status: diamond
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