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Œdipe stories au NTH8 ou l’absolue liberté

Year: 2022
Type: article
Abstract: Sylvie Mongin-Algan et Guy Naigeon, appuyés par les comédiens du compagnonnage, rouvrent l'enquête Œdipe sur la trace de questions et de preuves passées inaperçues.De Sophocle, à Jouanneau, Huston ou Freud, en passant par Shakespeare, Cocteau, Mouawad : leurs écrits, parmi bien d'autres, guideront leur pas dans cette recréation d'un mythe connu de tous.C'est l'occasion pour nous de vous convier au Nouveau Théâtre du 8e, lieu de création dont le modus vivendi et la liberté artistique sont uniques à Lyon.Dans l'entretien qui suit, Sylvie Mongin-Algan, metteur en scène, membre du collectif des Trois-huit 1 à la tête du NTH8 depuis sa création, nous parle de l'histoire de ce lieu, intimement liée à celle du quartier.Elle évoque son parcours, le mode de fonctionnement artistique du NTH8 mais aussi son cheminement de spectatrice de théâtre, ainsi que les deux pièces qu'elle met en scène ce mois-ci : Lambeaux de Charles Juliet, repris au théâtre de la Croix-Rousse du 19 janvier au 6 février 2010 et Oedipe Stories au NTH8, du 29 janvier au 13 février 2010.Aurélie COULON.Pour commencer, pourriez-vous nous raconter l'histoire du NTH8 ?Sylvie MONGIN-ALGAN.Le Nouveau Théâtre du 8ème c'est l'histoire de la naissance d'un nouveau théâtre à Lyon, dans le huitième arrondissement.Celui-ci avait un théâtre depuis les années soixante-dix qui s'appelait d'ailleurs le théâtre du huitième.Je remonte jusque-là pour que vous compreniez pourquoi c'est un « nouveau » théâtre.Dans les années 60-70, il y avait une troupe de comédiens dirigée par Marcel Maréchal et il y eut un grand mouvement populaire dans le quartier, pour la création d'un théâtre : 15 000 signatures, ce n'est pas rien.Un théâtre s'est ouvert qui est devenu centre dramatique national.Il a connu plusieurs directeurs : Marcel Maréchal, Robert Gironès, Jacques Weber, puis Alain Françon.Le ministère ou la ville, je crois que c'est la ville, s'est alors désengagée et ce centre dramatique national a Œdipe stories au NTH8 ou l'absolue liberté Agôn , Points de vue Anne-Sophie NOËL.Peut-on aussi donner une résonance esthétique au mot « nouveau » ?S.M-A.Ce qu'on essaye de faire, c'est de tout questionner.Ça va des problématiques artistiques, à des questions aussi concrètes que : comment réinventer une saison théâtrale ?Ou comment convoquer le public ?Quelle doit être la tarification ?Le mode de représentation : frontal, cabaret, bi-frontal ?Etc... Par exemple, pour le premier spectacle que l'on a fait dans ce théâtre, on avait utilisé des gradins repliés, complètement en rond.On se préoccupe de tout ce qui touche à la création théâtrale, certes l'acte artistique mais aussi tout ce qui concerne l'accueil du public.À tous les niveaux, on ne sépare pas l'outil et le comment de ce que l'on fait.On ne cherche pas forcément la nouveauté, on se questionne, comme si ce que l'on fait se faisait pour la première fois.On s'interdit le simple engrangement d'expérience, tout doit être sans arrêt l'objet d'expérimentations.Parfois, le nouveau, c'est peut-être de nouvelles écritures, de nouvelles formes d'écriture scénique, des écritures qui nous seraient venues en héritage.Le théâtre est un art archaïque.Alors on se demande comment travailler et inventer là-dedans.J'aime bien ce mot « archaïque ».Pierre-Damien TRAVERSO.A l'échelle du quartier du huitième, à travers des activités comme les ballades urbaines, vous sentez-vous investis d'une « mission sociale » ou est-ce que vous n'y pensez pas ?
Language: French
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4300489002
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