Year: 2009
Type: article
Abstract: Malgré ce que son titre peut laisser croire, ce livre ne se veut pas une histoire des guerres de religion en France.Henry Heller tente plutôt d'expliquer pourquoi ces guerres civiles ont éclaté et cherche ceux qui en ont le plus profité.Poursuivant une argumentation commencée dans son livre précédent, The Conquest of Poverty: The Calvinist Revolt in Sixteenth Century France (Leiden, 1986), Heller suggère que les guerres de religion ont été provoquées par un accroissement des tensions sociales tout au long de la première moitié du seizième siècle.La majorité des gens attirés par le protestantisme provenant selon lui des couches les moins favorisées de la société, les guerres qui éclateront dans les années 1560 ne pouvaient que prendre certaines caractéristiques de conflits de classe (p.12).Selon Heller, la crise économique qui affectait les paysans, les marchands et les artisans depuis le début du siècle créa un climat de tensions sociales qui se propagea des villes vers les campagnes.Un sentiment de révolte se développa et culmina dans ce que Heller conçoit comme trois grands mouvements populaires des guerres de religion, soit la révolte calviniste des années 1560, la Ligue catholique des années 1588-1594 et finalement les révoltes populaires des années 1590.Ces mouvements révolutionnaires furent toutefois récupérés par la bourgeoisie qui, forte de son ascension sociale au cours de ce siècle, était prête à défier les fondations politiques, religieuses et sociales de l'ordre existant (p.47).La noblesse, pour assurer son emprise sur la société de l'époque, transforma cette révolution en contre-révolution.Les nobles des deux religions s'associèrent pour combattre l'alliance entre la plèbe et la bourgeoisie.Les nobles protestants laissaient les nobles catholiques piller librement les communautés protestantes.De même, les aristo- crates réformés avaient la voie libre pour saccager les régions habitées en majorité par des catholiques (pp.58, 62).Les guerres de religion se transforment ainsi, selon Heller, en une réaction féodale dirigée par l'aristocratie (p.70).
Source: Renaissance and Reformation
Institution: McGill-Queen's University Press
Language: English
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4302767368
