Year: 2010
Type: article
Abstract: si la connaissance des faits ne saurait fonder normes et valeurs morales de manière positive et absolue, (par exemple en définissant un idéal moral auquel l'humanité devrait impérativement se conformer) elle permet sinon d'exclure, du moins de remettre en question différents systèmes moraux, ainsi que les intuitions morales qui les sous-tendent.La connaissance des faits, en ce sens, ne joue pas tant un rôle fondateur qu'un rôle limitatif, en assignant des bornes aux pratiques et aux jugements moraux.Toute vision excessivement absolutiste du rôle joué par la connaissance des faits doit donc être tempérée : la connaissance des faits, si elle ne permet pas de fonder directement nos choix moraux, ou de mettre un terme aux désaccords moraux fondamentaux, peut faire office d'instrument critique, nous permettant de procéder à l'évaluation normative des normes et des valeurs morales.En bref, nous affirmons que la connaissance des faits relatifs à la nature humaine joue en quelque sorte un rôle de falsification, dans un sens identique à celui qu'emploie Karl Popper en philosophie des sciences : elle permet d'invalider certains systèmes moraux, incompatibles avec la nature humaine telle que nous la connaissons.En d'autres termes, si les données empiriques ne sauraient nous renseigner de manière indubitable sur ce qu'est la nature humaine, elles nous permettent toutefois d'expliquer ce qu'elle n'est pas, ou sur ce qu'elle n'est plus, ce qui a bien évidemment des répercussions sur le plan normatif.Avant de développer ce point, il convient en premier lieu de considérer l'opposition entre faits et valeurs telle qu'elle est formulée en philosophie.i. la dichoTomie faiT/ valeUr eT ses limiTes L'impossibilité logique de dériver un « doit » d'un « est » : la « loi de Hume » Un principe attribué à Hume est souvent utilisé pour souligner l'existence d'un fossé séparant radicalement les faits et les valeurs.Ce principe, connu sous le nom de « loi de Hume », est interprété comme une preuve qu'il est impossible de démontrer rationnellement un jugement de valeur ou un impératif moral.Il énoncerait un interdit logique
Source: Cahiers critiques de philosophie
DOI: 10.3917/ccp.009.0205
Authors: Nicolas Rapczyk, Jérôme Ravat
Language: French
Subfield: Philosophy
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4387125041
