Year: 2014
Type: article
Abstract: Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s'abonner... Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info.Distribution électronique Cairn.infopour S.E.R.. Vous avez l'autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d'utilisation de Cairn.infoou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement.Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l'autorisation de l'Éditeur ou, le cas échéant, de l'organisme de gestion collective habilité à cet effet.Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l'organisme agréé en la matière.c a r n e t s c u l t u r e l s • e x p o s i t i o n sArt Basel, une marque mondiale prend les commandes La mutation des conditions de la création artistique, des pratiques, des discours et des œuvres, est un processus de longue durée qu'il est rare d'avoir sous les yeux.C'était le cas lors de la 44 e édition d'Art Basel, la plus grande foire d'art moderne et contemporain du monde, qui a eu lieu au mois de juin 2014, avec 300 galeries invitées dans le secteur principal, près de 80 œuvres monumentales à Art Unlimited, 14 performances recréées dans un bâtiment construit à cet effet au centre d'une halle géante, des conférences, des projections cinématographiques, et des foires-off sans lesquelles il n'y a plus de manifestations culturelles considérables.En 44 ans, Art Basel a été le siège et le reflet de changements à l'échelle de la longue durée, changements aussi difficiles à admettre qu'à évaluer.Au XV e siècle, le transfert du rôle culturel dominant de l'Église ou des seigneurs féodaux aux nouvelles puissances politiques, militaires et financières ainsi que la promotion des peintres du statut d'artisan à celui d'artistes libéraux ont pris plusieurs décennies.Au XIX e siècle, il en a fallu autant pour que le pouvoir passe de l'aristocratie, des Académies et des Salons d'État aux galeries et aux collectionneurs issus de la bourgeoisie bancaire et industrielle.Ce système des galeries a perduré en Occident jusqu'à la fin des années 1960 et constitue encore la matrice de notre vision de l'art et des artistes.La naissance des premières foires d'art il y a un demi-siècle a pu donner l'illusion d'un simple ajustement à l'élargissement du marché, voire d'un accomplissement.C'était l'amorce d'un chambardement.Le succès fulgurant de certains artistes, la réplication d'expositions quasi identiques dans d'innombrables centres d'art de toute la planète, la puissance de quelques collectionneurs qui ouvrent à Paris et ailleurs des musées privés, la prolifération d'œuvres dont les intentions critiques sont d'autant plus appuyées qu'elles sont inoffensives, et le sentiment partagé par beaucoup d'amateurs que l'art contemporain se déploie dans un espace mental et social où ils ne sont pas invités, restent incompréhensibles à l'aune d'une vision qui s'est imposée au XIX e siècle.Si l'art est destiné à augmenter et à modifier notre perception des réalités, s'il suppose un engagement désintéressé de l'artiste, s'il trouve sa dignité dans le refus de l'ordre établi et des conventions, s'il est une aventure personnelle pour le créateur et pour le spectateur, à quoi sert celui qui triomphe aujourd'hui ?La 44 e édition d'Art Basel a apporté quelques réponses.Avant d'y aller, il faut faire un retour en arrière.Au cours des années 1960 et dans plusieurs villes européennes, des galeries d'art décident d'associer leurs efforts et de créer de brèves manifestations destinées à conquérir un nouveau public.La première d'entre elles a lieu à Lausanne dans les locaux du Musée cantonal des beaux-arts
Source: Études
Author: Laurent Wolf
Language: French
Topic: Art, Politics, and Modernism
Subfield: Visual Arts and Performing Arts
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4389620583
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