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À l’ombre du pouvoir. Les entourages princiers au Moyen Âge , Études réunies par Alain Marchandisse et Jean-Louis Kupper , Droz, 2003, 412 p.

Year: 2006
Type: article
Abstract: Céline MARTIN, La Géographie du pouvoir dans l'Espagne visigothique, Lille/Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2003, 408 p., 8 tableaux, 6 cartes et plans.La thèse de Céline Martin, publiée quelques années après sa soutenance dans un format malheureusement réduit, porte sur la géographie du pouvoir dans une « Espagne visigothique » qui englobe en fait l'ensemble de la péninsule ibérique, et même la Narbonnaise gauloise, restée sous l'autorité des rois visigoths après leur expulsion d'Aquitaine en 507.Car le cadre temporel ici retenu est celui du « second royaume visigothique », dit aussi « royaume de Tolède », dont l'histoire est suivie, moins de la bataille de Vouillé en 507 que du règne d'Athanagild (555-567), principal promoteur (cf.les p. 210-211) de la dite capitale, jusqu'à « l'irruption araboberbère » de 711.À travers la question, clairement posée dès l'introduction, de l'articulation des pouvoirs locaux et du pouvoir central, c'est toute la question de « l'État » (sa survie ?son déclin ?son éventuelle adaptation ?) dans les siècles consécutifs à la disparition de l'Empire romain et à l'installation des royautés barbares en Occident qui est soulevée -un État qui fait l'objet p. 28 d'une définition que pourraient reprendre à leur compte tous les manuels d'histoire du (très) haut Moyen Âge : « nous entendrons sous le nom d'État un pouvoir souverain portant sur une étendue de territoire défini et assez vaste pour qu'il fasse l'objet de délégation, un pouvoir transcendant les personnes physiques qui l'exercent par l'affirmation du concept de res publica, irréductible à une combinaison de relations interpersonnelles ».L'auteur commence par récapituler l'historiographie de son sujet.Les contributions de Jacques Fontaine, de E.A. Thompson, de Dietrich Claude ou de Roger Collins y côtoient une production ibérique pléthorique, qui a été depuis un siècle obnubilée par le débat sur la continuité romaine de l'État ou sur sa destruction précipitée par les barbares.Dans ce débat ont interféré toutes sortes de préjugés idéologiques ou épistémologiques, qui, allant de l'exaltation d'une Espagne éternelle à l'appréciation féodaliste des agents de l'histoire sociale et politique, ont amené les auteurs à plaider tantôt pour l'unité tantôt pour la dislocation précoce de l'État gothique.Après avoir fait son marché dans cette bibliographie diluvienne, Céline Martin choisit de privilégier le seul recours aux sources (littéraires et normatives, bien sûr, mais aussi épigraphiques, numismatiques et archéologiques) pour bâtir sa propre géographie du pouvoir -et pour aboutir, au terme d'une longue et minutieuse enquête, à la conclusion que le royaume visigothique était bel et bien « un enfant de Rome », ou encore un « conservatoire de la romanité » (p.371), mais qui sut, au gré des circonstances, adapter l'héritage tardo-antique aux plans aussi bien idéologique qu'institutionnel et administratif, sans nécessairement mobiliser (contrairement à ce qui a été longtemps avancé) le précédent byzantin, et concevant des modes de fonctionnement, de spatialisation et de représentation du pouvoir que la diaspora intellectuelle du VIII e siècle allait transmettre à un Empire carolingien alors en gestation.
Language: French
Subfield: History
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4390310104
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