CESARI Laurent, Le problème diplomatique de l’Indochine, 1945-1957 , Paris, Les Indes savantes, 2013, 420 p.
Year: 2015
Type: article
Abstract: Pierre Milza, éminent spécialiste de l'Italie et du fascisme, livre ici une biographie de Pie XII, pape qui fut confronté à la tourmente de la Seconde Guerre Mondiale.L'ouvrage suit globalement une trame chronologique.Il débute, sans introduction, sur l'enfance romaine du futur pontife au sein de la famille Pacelli, pour s'achever sur les grandioses funérailles de celui-ci.La première moitié du livre est consacrée à la formation et à l'importante carrière de Pacelli avant son élection au trône de Pierre en 1939.Il fut en effet successivement secrétaire des Affaires ecclésiastiques à partir de 1914, nonce apostolique à Munich en 1917, et cardinal secrétaire d'État, c'est-à-dire plus haut personnage de la Curie, à partir de 1930.Vient ensuite le temps du pontificat : l'épreuve des relations avec l'Allemagne nazie, puis les débuts de la guerre froide, avec la condamnation renouvelée du communisme en 1949, en réaction à la situation des Églises dans les pays de l'Est.L'une des questions essentielles soulevées par les observateurs à propos du pontificat de Pie XII est celle des « silences » concernant la Shoah.L'auteur fait observer que pour bien juger de cette attitude, il faudrait connaître exactement ce qu'on savait au Vatican en 1941Vatican en -1942.Il estime délicat de trancher entre la vision d'un pape submergé par l'indécision et celle d'un « saint » éloigné des contingences de ce monde, et délivre pour finir un « non-lieu » au tribunal de l'Histoire.Centré sur l'Europe, cet ouvrage évoque peu la question de l'Outre-mer qui occupe notre revue, si ce n'est à travers quelques allusions à la politique de Mussolini en Éthiopie.Mais on peut rappeler que les déclarations de Pie XII sur la nécessaire diversité des peuples ont contribué à l'émergence d'une théologie des missions plus respectueuse des cultures autochtones.Philippe DELISLE Chronique d'Histoire maritime, n o 77, Paris, Société Française d'Histoire Maritime, décembre 2014, 133 p.Ce nouveau numéro de la chronique vaut surtout par l'épaisseur des comptes rendus (20 p).Comme d'habitude, une partie est consacrée à l'histoire navale, une autre à l'histoire économique et sociale.Dans la première partie, Roberto Barazzutti fait émerger un chef d'escadre méconnu des débuts du règne de Louis XIV, à une époque où la flotte française est en pleine Outre-Mers,T.103, N o 386- 387 (2015) Société Française d'Histoire des Outre-Mers (S.F.H.O.M) | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(IP: 31.17.239.80)construction.François Thiballier sieur de Thurelles, de noblesse récente, né en 1623, apparaît dans les archives en 1652 commandant une galère.Il se fait remarquer à Candie en 1669 et reçoit le commandement de l'escadre de Perse l'année suivante (celle de Blanquet de La Haye).Il meurt en avril 1672 à Tricomale : passage rapide mais instructif de ce qu'ont été les premiers officiers généraux de la marine de Colbert.Guillaume Anglada aborde un sujet peu traité, celui des mousses et novices en Provence au xviii e siècle.C'est l'occasion de revenir sur leur statut respectif qui évolue avec le temps.Le mousse était à l'origine lié au monde de la mer, ce qui n'est pas forcément le cas du novice, en général plus âgé, sorte de matelot mais de très basse paye, à contrat souvent limité (on parlerait plus d'intérim que de CDD) durant les périodes où la marine du Roi doit compléter ses effectifs.Le mousse navigue souvent plus au sein d'un milieu familial ou de clocher.Cela ne l'exempte pas toujours de maltraitances, et l'auteur s'attarde sur un cas de violence gratuite, cas exceptionnel (mais il provient de l'hôpital), subie par un mousse, Joseph Philipes en 1749.Un novice embarqué avec lui meurt des suites de mauvais traitements.Dans les trois articles de la seconde partie, Laurent Pavlidis reconstitue la véritable histoire du brick Fame, peint par Honoré Pellegrin, portraitiste de navires marseillais, en 1849.Pour aboutir à cette aquarelle, le Fame a suivi un parcours qui n'est pas forcément très original.Construit dans un chantier naval gallois en 1835, ce brick de 155 tonneaux a d'abord fait du cabotage avant d'effectuer des liaisons avec l'Amérique du Sud.C'est en se rendant à Buenos Aires, venant de Montevideo, qu'il est capturé par la frégate à vapeur la Chimère en 1848.Considéré comme une bonne prise, il rallie Marseille, arborant alors un pavillon français.Il périt dans un incendie en février 1850 à Ténérife avec à son bord un petit pactole de près de 20 kg d'or.Yannick Lageat ajoute quelques décennies au compteur et nous parle de la relâche de l'Orne en Australie, en avril 1873.Il s'agit de l'une des vingt traversées effectuées par 11 navires en tout pour mener en Nouvelle-Calédonie les quelque 4 187 communards condamnés à l'exil.Ce fut une escale forcée à Melbourne, pour des raisons sanitaires, puisque seule celle de Dakar était autorisée lors de ce long périple.Se trouvaient à bord 937 personnes, dont des surveillants et leur famille, l'équipage et 540 déportés.Les Melbournais, touchés par les conditions de captivité des communards, les causes aussi de leur détention, collectent des fonds.Un condamné s'évade, nommé Michel Sérigné, qui bénéficie d'une véritable interview permettant de reconstituer « the story of a communist », témoignage très révélateur.Hubert Michéa clôt cet exercice par un texte portant sur les marins pêcheurs durant la Grande Guerre : la mobilisation, la guerre à terre, le retour à la pêche rendu indispensable pour assurer le ravitaillement du pays sans oublier, en ce temps de « guerre totale » les opérations de dragage menées par les navires de pêche. Philippe HRODE ÛJ The Princeton Companion to Atlantic History, Princeton UniversityPress, 2015, 532 p.D'emblée, cet ouvrage lourd et volumineux fait prendre de la hauteur.C'est la « première encyclopédie de référence sur l'Atlantic History ».Espérons qu'il comptes rendus 286 Société Française d'Histoire des Outre-Mers (S.F.H.O.M) | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(IP: 31.17.239.80)s'agisse aussi de la dernière.En tout cas, tout ce que le monde anglo-saxon compte d'universités prestigieuses s'affiche ici clairement.L'histoire de l'Atlantique n'a rien à voir avec l'élément liquide : on n'y parle pas de bateaux, de marins, de pêcheurs, de navigation.Ce sont les deux rives de l'océan qui sont représentées, surtout la rive occidentale.Quant à l'Afrique, hors le commence qu'y font les Européens (or et esclaves dont on essaie déjà de voir s'ils n'étaient pas musulmans...), elle devra probablement attendre le prochain volume.L'Europe n'est pas mieux traitée finalement.Après un résumé du contexte siècle après siècle, du xvi e au xix e , avec une bibliographie qui n'apparaît que pour le xviii e siècle (le reste a dû sauter à l'impression), l'on passe assez vite à la seconde partie.Il s'agit d'un dictionnaire avec quelque 80 entrées.Chaque notice se termine par une bibliographie.Alors certes oui, certaines sont intéressantes, pas question de le nier : celle sur les indentured contracts, la série portant sur la loi et le droit (canon, commercial, constitutionnel, militaire ou monarchique), celle sur les communautés juives, etc. Mais que la vue de ces universitaires est basse et bornée, que leur monde est petit, que leurs connaissances sont limitées.Il y a un vrai problème d'accès aux sources et d'intégration des publications mondiales, disons européennes pour commencer.Je me contenterai de souligner à quel point les sources françaises ont été sollicitées (mes collègues luso-espagnols auraient aussi beaucoup à dire, les Néerlandais ne publiant qu'en anglais ont plus de chance).Ces sources ne sont pas très abondantes, aucun risque d'avoir mal à la tête.De Jean Bodin à Tocqueville, seul Pouppé Desportes apparaît, avec une gravure subtilisée au père Dutertre.La guerre d'Indépendance américaine se passe de La Fayette qui réapparaît dans la Révolution française.Les raiders de Kris Lane sont rarement français.Boucaniers ou flibustiers, tout cela est la même chose, ce qui importe est la piraterie, de quoi réécrire ce qui l'a déjà été à maintes reprises.Nonobstant, un coup d'œil dans l'index montre que les références à des personnages français ne manquent pas.Cette histoire de l'Atlantique s'est écrite dans l'ordre chronologique avec Charlemagne (je le mets avec les Français pour en avoir un de plus), Henri IV, Richelieu, Exquemelin et le marquis de Tracy, Colbert et Louis XIV, Louis XV et les frères Coulon (Villiers et Jumonville) avec aussi Jean-Jacques Rousseau, Louis XVI avec La Fayette et Rochambeau et enfin Napoléon et Victor Schoelcher.À regarder du côté des historiens français, on trouve Braudel, Godechot (parce qu'il a été traduit) et Debien, les années soixante puis directement trois veinards, sauf erreur de ma part, que je salue pour leur prouesse : Michel Morineau, Olivier Grenouilleau et Bertrand van Ruymbeke.J'assure que les doigts de la main suffisent à compter les vivants, de quoi surtout souligner le désert intellectuel français.Bref, une guerre de Sept ans perdue par la France mais sans la France, un gouverneur Du Casse qui prend la place du maréchal d'Estrées sans pour autant figurer dans l'index.Un livre à consulter pour la vision éclairante que jettent sur l'Atlantique nos amis anglosaxons.Philippe HRODE ÒJ comptes rendus 287 Outre-Mers,T.103, N o 386-387 (2015) Société Française d'Histoire des Outre-Mers (S.F.H.O.M) | Téléchargé le 16/09/2026 sur https://shs.cairn.info(IP: 31.17.239.80) CHASSAGNE Serge, Veuve
Source: Outre-Mers. Revue d'histoire
DOI: 10.3917/om.151.0285u
Author: Bernard Droz
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4390335484
