Autonomie, territoire et échelles de formation des sujets politiques : le soulèvement des communautés de Cherán et d’Ostula et le mouvement des Autodéfenses du Michoacán (2009-2014)
Year: 2023
Type: article
Abstract: L’objectif de cet article est de soutenir une conception actualisée et critique de l’autonomie pour comprendre les rapports entre sujets sociaux. Bien que partant des intuitions de Proudhon, j’argumenterai qu’il faut dialectiser les processus de formation des différents sujets collectifs (politiques) pour esquisser un projet émancipateur proche de celui de Castoriadis, soit la systématisation de rapports sociaux autonomes à toutes les échelles de la société (individuelles, groupales, fédérales, etc.). En concevant l’autonomie ainsi, il devient possible de considérer le territoire comme la dimension spatiale ou l’échelle du sujet autonome, ce qui permettra de faire le lien avec les apports de géographes anarchistes latino-américains comme Lopes de Souza. À partir de cette matrice théorique, j’illustrerai comment des luttes locales contre le crime organisé, celles des communautés indigènes de Cherán (purépecha) et Ostula (Nahua) dans l’État du Michoacán au Mexique, ont favorisé la réaffirmation de sujets communautaires en quête d’autonomie. Historiquement ancrées sur leurs territoires et imprégnées de pratiques d’autogouvernements, ces deux communautés vont avoir un rôle clé dans la formation d’une sujet politique d’une échelle plus large, celui du mouvement des autodéfenses contre le cartel sanguinaire des Chevaliers templiers, questionnant au passage le rôle de l’État. La structuration d’un mouvement qui s’articule à partir des communautés permet ainsi une certaine analogie avec la proposition fédéraliste du communisme libertaire.
Source: Géocarrefour
Author: Anonyme
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W4392544009
