Year: 2024
Type: article
Abstract: Quoi de plus usuel qu'une note de bas de page pour qui a l'habitude de lire ou de rédiger des travaux scientifiques ?Que ce soit pour nuancer un propos, faire une digression, ajouter une remarque ou encore donner une référence bibliographique, l'usage de la note permet de sortir de l'espace traditionnellement réservé au texte pour investir les marges de la page.À la fois outil intellectuel d'une grande flexibilité et repère visuel caractéristique des écrits de recherche, la note est en revanche rarement considérée en tant qu'objet de recherche.C'est justement ce que fait Julie Lefebvre dans le livre intitulé La note de bas de page dans les imprimés contemporains.Questionnant l'apparente familiarité de la note, jusqu'ici largement impensée, J. Lefebvre rend compte de façon très précise de ses caractéristiques et de son fonctionnement, sans se limiter à la note érudite.En effet, le corpus d'un millier d'occurrences 3 sur lequel s'appuie cette étude dépasse de loin le cadre savant, et c'est d'ailleurs l'une des premières qualités de l'ouvrage : pointer la transversalité de l'emploi de la note dans les imprimés contemporains, qu'il s'agisse de livrestous genres confondus (manuel, roman, biographie savante, etc.) -, de périodiques plus ou moins spécialisés, de formulaires administratifs ou même d'emballages.Elle met ainsi en lumière le fait que tous les usagers de l'écrit sont confrontés, à divers titres et dans des circonstances variées, à des notes.Pour autant, le positionnement disciplinaire de J. Lefebvre dans cet ouvrage est bien celui d'une linguiste.Plus précisément, ce qui l'autorise à s'interroger sur la note de bas de page -comme l'indique le singulier du titre -au travers de la diversité des notes, c'est, d'abord, le choix de la traiter comme un objet linguistique propre à l'écrit, par opposition à l'oral 4 , ce qui nécessite de s'intéresser à des aspects spécifiques, tels que la spatialisation de la note par rapport au texte, le rôle de l'appel de note en tant que signe de ponctuation ou les particularités de l'énonciation écrite sur deux lignes distinctes que permet la note.L'approche relève, comme le souligne l'autrice (p.231), de la perspective de la sémiolinguistique que souhaitait Jacques Anis.Le parcours proposé s'organise en cinq chapitres, dont les intitulés, sous forme de verbes à l'infinitif -« Situer », « Appeler », « Articuler », « Énoncer », « Discourir » -sont autant d'actes de langage que permet de réaliser la note de bas de page, toujours envisagée en relation avec le texte auquel elle se rapporte.Le livre part en effet d'une description typographique et topographique de la note pour aboutir à des considérations sur ses propriétés énonciatives et discursives, en passant par une analyse syntaxique et sémantique.Chaque chapitre se présente comme un problème, d'ordre méthodologique ou conceptuel, dont la résolution est un préalable à l'abord du suivant.Ainsi, la logique qui sous-tend l'enchaînement d'un chapitre à l'autre est particulièrement rigoureuse, ce qui rend le chemin, bien qu'ardu par moments, agréable à suivre.Pour qui voudrait le lire autrement que de manière cursive, les nombreuses annexes, dont plusieurs index, et la structure
Source: Histoire Épistémologie Langage
DOI: 10.4000/12v6h
Author: Muriel Jorge
Language: French
Subfield: History
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4405128434
