Year: 2021
Type: article
Abstract: Y avait-il autant de nudité dans le théâtre polonais ?K.l.: Pas vraiment, mais c'est devenu rapidement à la mode.Cette invasion, venue de l'Ouest, a commencé en 1957, puis sont arrivées les années 1960.J'ai été viré de l'école de cinéma de Lódz à cause de mon fi lm où la nudité et l'homosexualité étaient très présentes.J.s. : Crois-tu que la nudité demeure toujours un tabou ?K.l.: Cela vient par vagues.À l'époque, la question faisait moins problème.Sous le communisme polonais, la nudité n'était pas censurée.Toutes les compagnies alternatives en usaient, disons, sans fausse pudeur.J.s. : Explorant le sujet, j'ai lu, par exemple, Foucault sur la sexualité et Agamben sur la nudité.J'ai l'impression qu'il s'agit d'un sujet social profond qui demeure tabou.La pudeur est toujours très présente.K.l.: On fait marche arrière.Cette vague hippie, cette vague New Age, cet élan fougueux de l'érotisme, tout a entretien avec krystian lupa, réalisé par julian swiezewski Julian sWiEZEWsKi : Quel est ton premier souvenir d'un corps nu au théâtre ?KrYsTian lupa : Bien avant le théâtre, j'étais étudiant à l'Académie des beaux-arts.On y dessinait des nus, on les peignait.Un corps nu était une chose absolument nor-male… À cette époque-là, le courant New Age était très présent.La vague de nudité déferlait sur le théâtre avec le mouvement hippie ; une sorte de révolution sexuelle.J'étais séduit par cette nouveauté, son caractère insolite, son côté sensuel.En Pologne, on pouvait voir beaucoup de créations étrangères, surtout à Wroclaw qui, à l'époque, avec son Festival du théâtre ouvert, était la capitale des spectacles venant du monde entier.Je me souviens d'une troupe japonaise incroyable, très agressive, je dirais invasive vis-à-vis du spectateur, qui avait déboulé à poil dans le public.C'était impressionnant, choquant même, et cela avait marqué nos esprits.La pièce portait un message pacifi ste, servi par la nudité et l'agressivité, la nudité pour s'opposer à la guerre du Vietnam, à l'establishment, au capitalisme, à la commercialisation et au monde pourri aux mains de vieux cons arriérés, comme on disait.
Source: Théâtre/Public
Authors: Krystian Lupa, Julian Swiezewski
Language: French
Subfield: Visual Arts and Performing Arts
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4406797976
