Year: 2025
Type: article
Abstract: Résumé L’étude repose sur le contraste entre l’affirmation de Péguy: « Tout commence en mystique et finit en politique », et le parcours de Weil où tout commence par la politique et finit par la mystique. Double sens aspectuel éclairant réciproquement les deux domaines. Péguy: la mystique est un idéal fondateur que la politique dégrade. Deux perspectives s’ouvrent. (1) Le rejet du narratif. Côté actantiel, la transcendance mystique conduit à l’exclusion du politique. Côté narrativité, l’événement inaugural (mystique) fonde la critique du récit (politique). (2) La remontée dans le signifiant (mystique) donne à la répétition un effet psalmodique. Ce « fond syntagmatique ondoyant » du poétique (Greimas) et du mystique met au contact de l’indicible (apophatisme). Le discours politique, lui, nourrit des illusions de plénitude. Weil: le parcours inverse conduit à une autre articulation entre politique et mystique. « Se mettre à l’épreuve du réel » et vivre l’esclavage permet de comprendre les traits de l’oppression. Cette expérience est une épreuve de vérité pure, alors que toute institutionnalisation – religieuse, politique – est mensongère et oppressive (totalitarisme). La contrainte impose un Destinateur à rejeter: la spiritualité, « exigence d’un bien absolu » par le vide (pôle mystique), rejette tout dogme institué. Ainsi, entre la mystique-source niée par la politique et la mystique-destination issue de l’engagement, l’analyse appréhende les enjeux de l’apophatique pour interroger les deux valences du négatif: celle qui conduit à la réserve devant les illusions du sens, celle qui met au contact de la radicalité.
Source: Semiotica
Authors: Denis Bertrand, Bruno Gelas, Jean-Claude Giroud
Language: French
Subfield: Sociology and Political Science
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W4411332068
