Year: 2025
Type: article
Abstract: La temporalité du tatouage : un pharmakon incorporé ?Le corps change en vieillissant, il en va de même des tatouages inscrits à sa surface.Contrairement à la majorité des productions artefactuelles ou artistiques, leurs inévitables altérations sont en partie intrinsèques, car elles sont liées aux spécificités de leur médium vivant.C'est d'ailleurs encore l'un des avertissements qu'on entend d'ordinaire avant de se faire tatouer : nos tatouages « vieilliront mal », il faudrait donc y renoncer.On sous-estime alors la prise en compte, dans le processus poïétique des tatouages, des évolutions que leurs formes et leurs couleurs connaîtront au fil des ans.On néglige également les potentialités esthétiques de ces évolutions qui ne sont pas nécessairement regrettables.Par ailleurs, les tatouages apparaissent dans de nombreux contextes culturels comme un remède incorporé, très ambivalent certes, au vieillissement voire à la mortalité. UN ARTEFACT VIVANTUn tatouage est un « signe visible inscrit à même la peau grâce à l'injection d'une matière colorée dans le derme [1] ». Une grande diversité d'outils, de pigments et de procédés d'introduction de ces pigments dans la peau peut être mise en œuvre pour le produire.Le terme est une francisation du terme anglais tattoo, lui-même dérivé du tahitien tatau (marquer, frapper, blesser ou dessiner).D'autres existent cependant : Robert Willem van Gulik utilise notamment « dermatographie » (du grec graphein, écrire, graver, dessiner, et derma, la peau) ; « dermographe » est d'ailleurs le mot désignant habituellement la machine à tatouer électrique.Le tatouage doit être distingué d'autres sortes de modifications corporelles auxquelles il est parfois étroitement lié : les piercings, les scarifications (notamment celles pratiquées traditionnellement dans certaines sociétés), les expérimentations contemporaines du body art (les implants nouvelle Revue d'esthétique n o 34/2025 | 1831. David Le Breton, Signes d'identité.Tatouages, piercing et autres marques corporelles, Paris, Métaillé, 2002, p. 8.
Source: Nouvelle revue d’esthétique
DOI: 10.3917/nre.034.0183
Author: Georges Iliopoulos
Language: French
Subfield: Cultural Studies
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W4412728796
