Analyse des pratiques de prescription et de la sensibilité de la PCR sanguine et urinaire dans le diagnostic précoce de la leptospirose
Year: 2025
Type: article
Abstract: Introduction Les tests diagnostiques de la leptospirose recommandés pendant la 1ère semaine (S1) après le début des symptômes (DDS) sont la PCR sanguine (PCRS) et la recherche d’IgM (si > 5 jours d’évolution). L’intérêt de la PCR urinaire (PCRU) précoce est débattu. L’objectif de cette étude est d’analyser les pratiques de prescription et la sensibilité (Se) des PCRS et PCRU chez des patients atteints de leptospirose. Méthodes Une analyse ancillaire sur les délais et les résultats des 1 ères PCRS et PCRU a été réalisée chez des patients adultes pris en charge à l’hôpital en Guyane de 2016 à 2022 inclus dans une étude rétrospective descriptive (EVOLEPTO). Les critères diagnostics de leptospirose étaient: PCR Leptospira positive, test de micro-agglutination > 200 ou IgM positif sans diagnostic différentiel associé. Les facteurs associés à la Se des PCRS et PCRU ont été analysés par régression logistique avec calcul d’odds ratio. Résultats Parmi les 188 patients inclus, 137 (73 %) ont bénéficié de PCRS et 61 (32 %) de PCRU. Le délai entre le DDS et le prélèvement (dDDS-plvt) était en médiane (interquartile) de 5 (3-7) et 6 (5-8) pour la PCRS et PCRU respectivement. Vingt-cinq patients ont eu les 2 tests le même jour en S1. En S1, la PCRU avait une Se de 88 % (36/41) et la PCRS 79 % (88/112) et 8/25 patients avaient une PCRS négative et PCRU positive concomitantes. En analyse bivariée, l’antibiothérapie préalable et le dDDS-plvt étaient associées à une moindre sensibilité et la gravité à une meilleure sensibilité de la PCRS. En multivariée, seul le dDDS-plvt était associé à une moindre Se (aOR 0,56 IC95 [0,44-0,73]) soit un risque de PCRS négative multiplié par 1,8 chaque jour après DDS. Pour la PCRU aucun facteur n’était associé à la sensibilité. Conclusion Cette étude, malgré l’absence de groupe témoin et prélèvements standardisés, souligne la sous-utilisation de la PCRU dans le diagnostic de la leptospirose. Sa sensibilité élevée, y compris précoce, plaide pour une utilisation plus fréquente. Ce travail rappelle aussi l'intérêt de réaliser la PCRS dès que possible.
Authors: Paul LE TURNIER, Mathilde ZENOU, Nicolas HIGEL, Alexis FREMERY, Magalie DEMAR, Alexia BARBRY, Pascale BOURHY, Mathieu PICARDEAU, Loïc EPELBOIN
Institutions: Centre hospitalier universitaire de Guyane, Institut Pasteur
Language: French
Subfield: Parasitology
Field: Immunology and Microbiology
Domain: Life Sciences
Open Access status: hybrid
OpenAlex ID: W4413426311
