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Les larmes funèbres (1577)

Year: 2004
Type: article
Abstract: 94/ Renaissance and Reformation / Renaissance et Réforme Christofl e du Pré.Les larmes funèbres (1577).Edition critique par Pierre Martin, « Textes littéraires français », n°564, Genève : Droz, 2004, 254 p.Christofl e du Pré ?À première vue, « non seulement un de ces sous-Ronsard, mais encore un sous-Desportes » (introduction, 139), dont même J. Roubaud, qui retient deux de ses sonnets dans son Soleil du soleil, avoue ne rien savoir.La longue introduction de P. Martin, au rebours, tente de dissiper l'obscurité qui enveloppe son existence et les préjugés qui pèsent sur sa poésie.Sur la personnalité et l'existence de « Christofl e du Pré Parisien sieur de Passy », P. Martin n'avoue retrouver que des fragments, sans prétendre, beaucoup s'en faut, tout éclaircir.Né vers 1550, mort vers 1595, issu d'une lignée de parlementaires, le poète épouse en 1573 une veuve, Antoinette Faulcon, qui le laisse veuf à son tour en 1577.Le recueil des Larmes funèbres est tout entier consacré à la déploration de la mort d'Antoinette et à regretter l'excessive brièveté du bonheur conjugal (« Doncques nous n'avons veu sous les loix d'Hymenee / Que quatre fois les fl eurs r'embaumer les jardins », s.X, v.1-2).Hormis cela, l'absence de documents sur du Pré, la rareté des confi dences ne permettent guère d'entrevoir ce que fut la vie du poète.P. Martin s'en tient à d'ingénieuses hypothèses, qu'il a la prudence de présenter comme telles.Ainsi le sonnet LV nous apprend qu'il se rendit à Constantinople, sans que l'on sache rien de ce voyage.Peut-être l'a-t-il entrepris en 1572-1573 dans la suite de Philippe Canaye, à qui le rattachent des liens « d'amitiés en cousinages » (introduction, 30).Le lien de du Pré avec les milieux littéraires reste également incertain : la présence d'un sonnet d'Antoine de Laval dans les pièces liminaires des Larmes funèbres laisse imaginer des contacts avec le cercle de la Maréchale de Retz, dont Laval était un protégé.Sur le plan biographique, il faut donc se contenter de ces maigres indices.Quant au recueil des Larmes funèbres, publié en 1577 à Paris chez Mamert Patisson, « c'est une poésie d'amour et de deuil à la fois » (introduction, 44), rapidement composée après la perte de l'épouse tant aimée.En lui convergent la lyrique amoureuse et la méditation sur la mort qui se partagent, dans le dernier quart du XVI e siècle, le champ poétique.Le poète, comme tous ceux de sa génération, subit l'infl uence de Ronsard et plus largement du pétrarquisme, alors en plein renouveau.D'où le retour attendu de formules topiques : « Qui veut voir le pourtrait d'une image muette », s.II, v.10 ; « Pour plorer à loizir tout le monde je fuis », s.LVII, v.1, etc. Mais précisément, la poésie de du Pré cherche à mettre à l'épreuve l'amour pétrarquiste et prétend, par son sujet même, avoir de plus graves enjeux.La persona poétique de du Pré, amoureux comblé, puis foudroyé par la mort de l'aimée au point de vouloir « toute amitié déclarer ennemie » (s.XV, v.4) s'oppose radicalement à celle du Ronsard des Amours.Toujours présent dans les Larmes funèbres, jamais nommé, Ronsard fascine notre poète mais lui sert aussi de contre-modèle.Comme le dit P. Martin dans une excellente formule, du Pré entretient un rapport de connivence avec la lettre des Amours, mais un rapport polémique avec leur esprit.La réécriture peut ainsi détourner radicalement le sens de son modèle : très ronsardien est en apparence le sonnet
Authors: Christofle Du Pré (book author), Pierre Martin (book editor), Richard Crescenzo (review author)
Language: French
Subfield: Classics
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W585347102
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