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La connaissance de la nature et du monde au moyen age d'après quelques écrits français à l'usage des laïcs

Year: 1911
Type: book
Abstract: Le Mc à ue me je VI LA CONNAISSANCE DE LA NATURE AU MOYEN AGE tite philosophie de l'univers que chacun se fait plus ou moins obscurément, et dont dépendent à leur tour l'angle du prisme à travers lequel on voit les choses et même, en quelque mesure, la conduite des individus.On ne vit pas tout à fait de la même manière sous le.ciel géocentrique de l'ancienne astrologie et sous le ciel illimité de l'astronomie moderne.Il importe donc; pour connaître à fond les hommes du passé, de savoir ce qu'ils savaient des réalités extérieures et comment ils s'en figuraient les rapports.Les romanciers et les moralistes d'autrefois ne nous l'ont pas appris ; il ne leur appartenait pas de nous l'apprendre.Mais il est aisé de s'en informer en étudiant d'autres sources, et notamment l'ancienne littérature de vulgarisation scientifique.-Je ne dis pas l'ancienne littérature scientifique.Il ne s'agit pas ti, en effet, de l'histoire des sciences au moyen âge.Domaine immense, pas très riche cependant, et, de plus, très mal défriché.Ce domaine immense n'est pas très riche.Pendant les mille ans qui se sont écoulés entre l'Antiquité et la Renaissance l'effort des hommes d'étude qui s'intéressèrent à l'explication des phénomènes a porté principalement sur l'exhumation et le commentaire des œuvres qui contenaient l'héritage des Anciens à cet égard.Or il y avait, dans cet héritage, de l'or et du plomb: des germes d'idées fécondes et un vaste conglomérat d'observations précises ou superficielles, noyées dans des spéculations arbitraires, le tout cimenté dans les cadres d'une dialectique rigide.Dès l'Antiquité, la Physique de Démocrite, de Leucippe et des Atomistes, grosse de progrès indéfinis et où la pensée moderne reconnait ses véritables origines, avait été, pour ainsi dire, accablée sous le poids de l'Encyclopédie aristotélique, si bien faite pour stériliser l'avenir er Ra ne s'en douta pas: comment s'en serait-il douté ?Aris-…._tote fut son oracle, son maïtre, son instituteur.Et cela » seul aurait sufli pour paralyser à fond son activité scientifique.-Sans doute, pendant ces mille ans, le patrimoine des acquisitions de l'humanité n'a pas laissé d'augmenter un peu: il y a eu quelques penseurs qui, comme Ee #0 .…Roger Bacon et ses amis, ont compris la nécessité de l'inves-_ tigation directe; quelques-uns ont même essayé de s'y 3 4 _ livrer; Arnaud de Villeneuve et Albert de Saxesesontélevés " au-dessus du commun de leurs contemporains ; enfin des …._ générations de praticiens n'ont pas pu passer sans récolter par hasard ou autrement quelques notions profitables : c'est ainsi que la chimie du xv* siècle disposait de combi-_naisons plus nombreuses et de recettes meilleures que la chimie gréco-arabe dont elle prétendait pourtant conti-| nuer servilement la tradition.Mais ces lueurs nouvelles ont été rares.En constater et en dater précisément l'apparition, c'est un travail méritoire; mais ce n'est pas _ celui qui m'a tenté.Re. _ Ce terrain est, d'ailleurs, très mal défriché.Les recherches n'y sauraient être bien conduites, pour chaque ordre de connaissances, qne par des spécialistes ; et il ne EE s'en est guère rencontré jusqu'à présent qui aient eu la J patience de dépouiller méthodiquement le fatras des écrits scientifiques ou pseudo-scientifiques en latin du #4.Voir, par exemple, Th.Gomperz, Les penseurs de la Grèce (tr. A. Reymond), t.III (Paris, 1910), ch.xr et sui.VIIT LA CONNAISSANCE DE LA NATURE AU MOYEN AGE moyen âge afin d'y relever des indices de réflexion personnelle ou de trouvailles positives'.La nomenclature même et l'histoire littéraire de ces écrits, par où il est clair qu'il aurait fallu commencer, n'existe encore ni pour l'alchimie ni pour l'astrologie?; on est à peine plus avancé pour la botanique * et la médecine *.Bref, dans l'état actuel des choses, l'histoire des progrès scienüfiques au moyen âge, qui, en tout état de cause, ne saurait être exposée d'ensemble ÿ, n'est pas possible.Mais telle n'est pas encore la raison principale qui nous invite à laisser de côté l'histoire proprement dite de la science, et ses sources.Cette histoire serait-elle achevée que l'utilité d'en connaître les curiosités resterait très médiocre pour notre objet.Car, d'une part, les spéculations originales de quelques penseurs isolés, en avance sur leur temps, et les découvertes techniques qui ne 1. Il n'y a guère, en France, que deux savants de profession qui se soient appliqués avec zèle à ces recherches rétrospectives : M. Berthelot dans la dernière génération et P. Duhem dans la nôtre.Les études de M. Berthelot ont porté sur l'histoire de la Chimie.Celles de P. Duhem (Études sur Léonard de Vinci ; ceuz qu'il a lus.Paris, 1906) ont trait à l'histoire de la Physique.2. On peut juger de l'état des études relatives à l'Astrologie du moyen âge par l'article de F. v. Bezold (Astrologische Geschichtsconstruction im Mittelalter, dans la Deutsche Zeitschrift Jür Geschichtswissenschaft, VIIL (1892, p. 29) 3.
Language: French
Open Access status: green
OpenAlex ID: W654668431
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