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« La guerre, la plus terrible des érosions ». Cultures de guerre et géographes universitaires, Allemagne-France-Etats-Unis (1914-1921)

Year: 2010
Type: dissertation
Abstract: Lorsque la Grande Guerre éclate en 1914, le champ mondial de la géographie universitaire est structuré en écoles locales et nationales, liées par des publications, des débats scientifiques et des rassemblements au niveau international. Cette étude d’histoire comparée montre que les trois principales communautés de la discipline (Allemagne, France, Etats-Unis) sont ébranlées par la violence du conflit et participent aux multiples cultures de guerre des pays belligérants. Entre combats pour les plus jeunes, travail pour les armées, notamment dans la géologie de guerre allemande et états-unienne, engagement (autour des atrocités allemandes et russes, des buts de guerre, de la géographie militaire et politique) et diplomatie culturelle chez les géographes des fronts domestiques, les spécialistes des sciences de la terre se mobilisent de façons diverses et occupent un rôle inédit d’experts, en particulier dans les discussions autour des négociations de paix, entre 1917 et 1919. Enseignants, savants, intellectuels et citoyens, ils connaissent donc une phase brutale mais intense de leur identité professionnelle, devant concilier la « géographie moderne » avec une nouvelle géographie appliquée. Le résultat est décevant, tant dans la mobilisation politique et militaire, vécue avec enthousiasme, puis avec malaise, que dans l’expertise, insatisfaisante et peu efficace auprès des autorités chargées de redessiner la carte de l’Europe et du monde. Malgré ces limites, la Première Guerre mondiale constitue un moment fort dans l’identité collective de la géographie universitaire, lente à se démobiliser et marquée par la persistance des alliances et de la violence de guerre.
Language: French
Open Access status: green
OpenAlex ID: W7143431845
Cites: 343
Cited by: 4
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