Phylogenetic analysis of the recent species of the genus Homo : dispersals, evolution, extinction
Year: 2026
Type: dissertation
Abstract: Analyse phylogénétique des espèces récentes du genre Homo : dispersions, évolution, extinction Notre connaissance de l'histoire évolutionnaire de nos plus proches parents fossiles et de notre propre espèce repose largement sur la systématique. Pourtant, la systématique du genre Homo récent est rarement abordée à l'aide de méthodes phylogénétiques, alors même qu'elles constituent l'approche la plus appropriée. Nous présentons ici une analyse cladistique inédite du genre Homo récent, fondée sur d'importantes améliorations méthodologiques et sur la plus vaste base de données jamais constituée à cette fin, intégrant des découvertes fossiles récentes ayant conduit à une réévaluation de l'histoire évolutionnaire des derniers représentants de notre genre. Une méthode permettant une prise en compte affinée de la variation intra-taxonomique est appliquée pour la première fois aux hominines. Les analyses sont menées à deux niveaux taxonomiques (bas, utilisant des assemblages fossiles par site comme UTO, et élevé, utilisant des espèces paléontologiques) afin de tester des hypothèses publiées sur les hypodigmes et leurs conséquences sur la reconstruction phylogénétique. Des caractères discrets et continus (linéaires et issus de la morphométrie géométrique) sont inclus, et des jeux de données publiés antérieurement sont adaptés et enrichis par l'intégration inédite de caractères postcrâniens, endocrâniens et endostructuraux. Nos résultats renouvellent notre compréhension de la systématique du genre Homo récent. Les affinités des taxons insulaires Homo luzonensis et Homo floresiensis restent difficiles à établir. Homo luzonensis apparaît étroitement lié aux Homo erectus asiatiques, avec des réversions associées à une évolution en contexte insulaire et potentiellement à des adaptations à des comportements partiellement arboricoles. Pour Homo floresiensis, nous montrons que le conflit supposé entre une morphologie postcrânienne plésiomorphe et un complexe craniodentaire plus dérivé (i.e. similaire à Homo erectus) repose principalement sur des descriptions contradictoires du calvarium. Les relations phylogénétiques des Homo erectus asiatiques dépendent du niveau taxonomique retenu, les Homo erectus javanais et chinois formant un clade au niveau taxonomique bas, suggérant une séparation entre les Homo erectus asiatiques et les Homo ergaster africains. Homo antecessor est majoritairement retrouvé au sein d'un clade comprenant des taxons asiatique, nord-africain et levantin. Un clade Homo heidelbergensis Afro-Européen est obtenu, conduisant à proposer un nouvel hypodigme excluant les spécimens appartenant aux lignées d'Homo neanderthalensis et d'Homo sapiens. Ces résultats suggèrent plusieurs discontinuités dans le peuplement de l'Europe. Nous montrons que les relations moléculaires entre Homo sapiens, Homo longi / Dénisoviens (considérés comme synonymes) et Homo neanderthalensis sont identifiables à partir de la morphologie, et proposons de nouvelles synapomorphies endocrâniennes et postcrâniennes soutenant le clade formé par ces deux dernières espèces. L'intégration de caractères postcrâniens se révèle utile, ceux-ci ne présentant pas plus d'homoplasie que les autres régions anatomiques et permettant de retrouver des clades cohérents, y compris un clade moléculaire rarement obtenu à partir des seuls caractères crâniodentaires. Pour des taxons si étroitement apparentés et aux hypodigmes débattus, des analyses menées à différents niveaux taxonomiques apportent des informations complémentaires. Ce travail propose la phylogénie la plus à jour du genre Homo récent. L'arbre obtenu est plus buissonnant que généralement admis, incluant la persistance de plusieurs lignées profondément divergentes jusqu'au Pléistocène supérieur. Les phylogénies obtenues peuvent servir de base à des tests de scénarios évolutionnaires liés à la biogéographie, l'évolution des caractères, la biomécanique etc. Ces nouveaux résultats et ce cadre méthodologique amélioré ouvrent la voie à l'intégration de nouveaux fossiles, y compris pour des périodes plus anciennes.
Source: theses.fr (ABES)
Author: Pierre Gousset
Institution: Muséum national d'Histoire naturelle
Language: French
Subfield: Anthropology
Field: Social Sciences
Domain: Social Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W7162527295
