Chez soi jusqu’à la mort
Year: 2026
Type: article
Abstract: Inscrits dans le champ de la psychologie clinique psychanalytique et de la psychosociologie, nous nous appuyons sur certains résultats de notre recherche sur la fin de vie en hospitalisation à domicile (Safir-Had), afin de mieux appréhender ce que devient la personne au seuil de sa mort. Après des premiers développements théoriques définissant les notions de personne et d’organisations des soins palliatifs à domicile, nous articulons notre propos autour de trois principaux nœuds conflictuels et thématiques. Le premier nœud concerne les problématiques identitaires que rencontre l’individu dans ses interactions inscrites dans son réseau relationnel. Le deuxième nœud interroge l’habitat comme structure et territoire du chez-soi permettant de contenir les risques d’effondrement identitaires et narcissiques. Enfin, le troisième nœud concerne le rapport au temps et à certaines temporalités singulières permettant de s’éprouver encore en vie jusqu’à la fin. Nos conclusions indiquent que la fin de vie au domicile, loin d’être un temps de repli sur soi et de ruptures, est une période où les personnes entretiennent de nombreux liens avec leur passé, le présent qui s’impose et certaines modalités relationnelles inédites. Les proches et les soignants sont investis de fonctions étayantes, soutenant une identité menacée par la maladie et la proximité de la mort. Les nœuds conflictuels restent nombreux et le domicile, dans sa dimension la plus subjective et la plus spécifique, le chez-soi, soutient l’aspiration à revenir à soi, vivant dans un environnement connu et contenant.
Source: Socio-anthropologie
DOI: 10.4000/16id2
Authors: Boris Lassagne, Elian Djaoui
Language: French
Field: Medicine
Domain: Health Sciences
Open Access status: diamond
OpenAlex ID: W7167225154
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