Year: 2010
Type: conference-paper
Abstract: De nombreux travaux, dont ceux menés dans le cadre de la grammaire générative, reconnaissent qu’il existe deux classes structures intransitives : les inaccusatives et les inergatives. En français moderne (FrMod) les constructions inaccusatives se caractérisent entre autres par l’utilisation de l’auxiliaire être aux temps composés et par leur capacité de former des constructions impersonnelles : Trois hommes sont arrivés. / Il est arrivé trois hommes ; alors que les inergatives utilisent avoir et permettent difficilement les impersonnelles : Des étudiantes ont couru. / *Il a couru des étudiantes. Les grammairiens de l’ancien français (AFr), dont Moignet [1976] et Buridant [1999], notent que cette différence existe déjà à date ancienne. En français médiéval, l’inaccusatif correspondant identifié par ce test présente une différence inattendue puisque seul l'auxiliaire s'accorde avec l'explétif il alors que le participe s'accorde avec le syntagme postverbal, ou élément associé, comme en témoigne l’exemple suivant : Il m'est venue une nouvele (ARTU, 118, 07-08). Nous faisons référence à ce phénomène par le terme de d’accord distribué et pour le français moderne, il s’agit d’accord simple. Notre communication vise à rendre compte du passage d'une grammaire à accord distribué à une grammaire à accord simple. Nous proposons ici une analyse de l'inaccusativité selon laquelle la perte de l’accord distribué implique des changements majeurs dans la grammaires et suppose l'interaction de deux facteurs : perte de V2, ce qui contraint la position du sujet et le statut de l'auxiliaire.
DOI: 10.1051/cmlf/2010218
Authors: Monique Dufresne, Fernande Dupuis
Institutions: Queen's University, Université du Québec à Montréal
Language: French
Subfield: Language and Linguistics
Field: Arts and Humanities
Domain: Social Sciences
Open Access status: bronze
OpenAlex ID: W2040891756
