La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre reptiles et amphibiens de France hexagonale – Rapport d'évaluation
Year: 2026
Type: report
Abstract: L’actualisation de la Liste rouge des reptiles et des amphibiens de France hexagonale fait ressortir que sept espèces d’amphibiens sur 37, huit espèces de reptiles terrestres (dont eau douce) sur 36, ainsi qu'une espèce et une population de tortues marines sont menacées de disparition. Bien que ces proportions soient proches de l’évaluation de 2015, neuf taxons ont vu leur situation se dégrader en France hexagonale. Certaines espèces déjà menacées ou quasi menacées ont vu leur situation se détériorer encore plus et leur risque de disparition augmenter (ex : Vipera seoanei). D’autres espèces n’étaient quant à elles pas menacées en 2015 mais ont fait leur entrée parmi les espèces quasi menacées ou menacées en 2026 (ex : Rana temporaria). Aucune amélioration véritable de catégorie de menace pour les espèces n’a été reportée entre 2015 et 2026. Une sous-espèce a cependant vu une amélioration véritable de son statut, Bufotes viridis viridis, qui a récemment connu une extension de son aire de répartition. Par ailleurs, un important effort d’amélioration des connaissances a été réalisé sur cette période, notamment grâce à plusieurs plans nationaux d’actions (PNA), aux suivis participatifs et au travail des naturalistes, permettant une meilleure compréhension du risque de disparition etl’évolution de la catégorie de menace de 12 taxons. Autre témoin de cette amélioration de connaissances, aucune espèce de reptile terrestre et aucun amphibien n’a été classé en "Données insuffisantes", même si des tortues marines figurent encore dans cette catégorie. La tendance des populations, qui correspond à l’évolution en cours des effectifs et est complémentaire à la catégorie de menace, est à la diminution pour 64 % des reptiles terrestres, 68 % des amphibiens et une espèce de tortue marine. Ces fortes proportions reflètent une situation préoccupante pour la plupart des reptiles et des amphibiens qui, malgré des populations bastions pour quelques espèces, voient leurs effectifs chuter dans certains habitats et/ou certaines régions. De nombreuses espèces classées en "Préoccupation mineure" ont ainsi une tendance de population qui est constatée en diminution.La dégradation et la perte des habitats liées à la gestion défavorable des écosystèmes ainsi que l’accentuation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes liées au changement climatique (sécheresses, températures extrêmes…) sont parmi les principales menaces qui affectent le plus grand nombre de reptiles terrestres et d’amphibiens. D’autres grandes menaces, comme les aménagements urbains, les espèces introduites envahissantes et les collisions routières sont à l’origine d’un risque élevé de disparition pour ces espèces. De façon générale, l’intensité des menaces est liée aux faibles capacités de déplacement, de dispersion et de reconquête des milieux de l’herpétofaune, rendant des espèces d'autant plus vulnérables à toute dégradation de leurs habitats, même localisée. À cela s’ajoute la double dépendance des amphibiens aux milieux aquatiques et terrestres : les menaces de ces deux milieux se cumulent et augmentent les risques lors des migrations inter-milieux (sensibilité aux écrasements, aux cloisonnements, aux infrastructures). Les menaces qui affectent les tortues marines s’exercent à la fois en mer et sur les plages de ponte. En mer, c’est le cas par exemple des captures accidentelles dans les filets de pêche, de la pollution sonore et de l’ingestion de déchets dérivants. Sur les plages, les tortues marines sont menacées par le développement de zones touristiques, le nettoyage mécanique des plages et la prédation des œufs par les chiens.En dépit de la protection réglementaire dont bénéficient les reptiles et les amphibiens de France depuis les années 1980, la situation de nombre d’espèces demeure préoccupante et s’aggrave même pour certaines. Pour les plus menacées, des actions spécifiques sont mises en œuvre, à l’image des plans nationaux d’actions (PNA) menés pour le Pélobate brun et la Tortue d’Hermann, ou plus récemment pour les vipères, la Cistude d’Europe et le Lézard ocellé. La poursuite et le déploiement de nouveaux PNA s’avèrent cruciaux pour la survie des reptiles et amphibiens de l’Hexagone. Au-delà, des efforts plus globaux de protection des milieux naturels, de restauration des habitats et de lutte contre les pressions sont indispensables pour enrayer le déclin de ces espèces.
Source: HAL
Language: French
Subfield: Global and Planetary Change
Field: Environmental Science
Domain: Physical Sciences
Open Access status: green
OpenAlex ID: W7204395281
